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Fièvre typhoïde

✓ Fiche écrite et relue par un professionnel de santé

1Définition

La fièvre typhoïde est une infection grave due à une bactérie, Salmonella Typhi. Elle s'attrape en avalant de l'eau ou des aliments souillés par les selles d'une personne infectée.

Bien soignée, elle guérit. Non soignée, elle peut percer l'intestin et mettre la vie en danger.

2Causes et transmission

La bactérie vit dans l'intestin des malades et de certains porteurs sains : des personnes qui ne se sentent pas malades mais rejettent la bactérie dans leurs selles pendant des mois.

On s'infecte en avalant :

  • de l'eau non traitée (puits non couvert, marigot, eau stockée sale) ;
  • des aliments préparés avec des mains mal lavées ;
  • des fruits et légumes crus lavés avec une eau souillée ;
  • du lait ou des glaces artisanales contaminés.

Les signes apparaissent en général 1 à 2 semaines après la contamination.

3Qui est à risque ?

  • Les familles sans eau potable ni latrines
  • Les enfants d'âge scolaire et les jeunes adultes
  • Les personnes qui mangent souvent dans la rue ou dans des cantines peu hygiéniques
  • L'entourage d'un malade ou d'un porteur sain
  • Toute la population pendant la saison des pluies et les inondations

4Signes

La maladie s'installe progressivement, sur plusieurs jours :

  • fièvre qui monte chaque jour, puis reste élevée ;
  • maux de tête, grande fatigue, douleurs du corps ;
  • douleurs du ventre, constipation ou diarrhée ;
  • perte d'appétit, langue blanche (« chargée ») ;
  • dans les formes avancées : malade abattu, comme absent, qui répond lentement.

Ces signes ressemblent à ceux du paludisme. Une fièvre qui dure plus de 3 jours malgré un traitement antipaludique doit faire penser à la typhoïde.

5Quand consulter en urgence

Allez au centre de santé immédiatement si :
  • douleur du ventre brutale et violente, ventre dur ;
  • sang dans les selles ou selles noires ;
  • confusion, agitation, propos incohérents ou somnolence ;
  • vomissements qui empêchent de boire ;
  • fièvre qui ne baisse pas après 3 jours de traitement ;
  • fièvre chez une femme enceinte ou un jeune enfant.

6Examens et analyses

  • Hémoculture (culture du sang) : c'est l'examen de référence, surtout la première semaine. Elle identifie la bactérie et l'antibiotique efficace.
  • Coproculture (culture des selles) : utile à partir de la deuxième semaine.
  • Numération formule sanguine : souvent des globules blancs bas.
  • TDR ou goutte épaisse : pour vérifier qu'il ne s'agit pas d'un paludisme, ou des deux à la fois.

Le test de Widal, très prescrit, est peu fiable : il est souvent positif chez des personnes qui n'ont pas la typhoïde (ancienne infection, vaccin, paludisme, autres infections). Un seul Widal positif ne suffit pas pour affirmer le diagnostic.

7Diagnostic

Le diagnostic repose sur l'association d'une fièvre qui dure, de signes digestifs et de l'examen du malade par un soignant, confirmée si possible par l'hémoculture.

Quand l'hémoculture n'est pas disponible, le soignant décide sur l'ensemble des signes, et non sur le seul Widal. Il doit aussi rechercher les autres causes de fièvre : paludisme, infection urinaire, pneumonie, méningite.

8Traitement

La typhoïde se soigne par des antibiotiques, choisis par le soignant : par exemple azithromycine ou ciprofloxacine pour les formes simples, ceftriaxone injectable pour les formes graves. Certaines bactéries résistent aux anciens antibiotiques, d'où l'intérêt de l'hémoculture.

Avec le traitement :

  • boire beaucoup (eau potable, SRO) ;
  • manger léger mais continuer à manger ;
  • se reposer ;
  • prendre le traitement jusqu'au bout, même si la fièvre disparaît.

Les formes graves sont soignées à l'hôpital. Les doses dépendent du poids et de l'âge : elles sont fixées par le soignant. N'achetez jamais d'antibiotiques au marché.

9Prévention

  • Boire une eau sûre : eau de robinet, eau bouillie ou traitée au chlore selon les consignes du centre de santé.
  • Se laver les mains au savon après les toilettes et avant de cuisiner ou de manger.
  • Bien cuire les aliments et les manger chauds.
  • Laver les fruits et légumes avec une eau sûre.
  • Utiliser des latrines et les garder propres.
  • Il existe un vaccin contre la typhoïde : demandez au centre de santé s'il est disponible.

10Complications

  • Perforation de l'intestin (urgence chirurgicale)
  • Hémorragie digestive
  • Atteinte du cerveau (confusion, délire)
  • Atteinte du cœur, du foie ou de la vésicule biliaire
  • Rechute après un traitement mal suivi
  • Portage chronique : la personne guérie continue à contaminer les autres

11Idées reçues

  • « Mon Widal est positif, donc j'ai la typhoïde. » Faux : ce test se trompe souvent. Seul le soignant, avec l'examen et si possible l'hémoculture, peut conclure.
  • « J'ai le palu-typho. » Les deux maladies peuvent exister ensemble, mais c'est rare. Le plus souvent, c'est l'une ou l'autre, et chacune a son traitement.
  • « Les perfusions suffisent à guérir la typhoïde. » Faux : sans antibiotique adapté, la bactérie reste.
  • « Je vais mieux, j'arrête les comprimés. » Dangereux : risque de rechute et de résistance.

Cette fiche informe, elle ne remplace pas une consultation. En cas de doute, rendez-vous au centre de santé le plus proche.

Classée aussi dans : Maladies liées à l'eau et à l'hygiène

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