1Définition
Le cancer de la prostate est un cancer qui se développe dans la prostate, une glande de l'homme située sous la vessie, autour du canal de l'urine. Elle fabrique une partie du liquide du sperme.
C'est l'un des cancers les plus fréquents chez l'homme, et il est plus fréquent, plus précoce et souvent plus agressif chez les hommes d'origine africaine.
Il évolue souvent lentement, pendant des années, sans aucun signe. Quand il donne des signes, il est souvent déjà avancé et s'est parfois étendu aux os.
Découvert tôt, il peut guérir. Découvert tard, il ne guérit plus, mais il peut être contrôlé pendant des années par des traitements.
Le cancer de la prostate n'est pas l'adénome de la prostate. L'adénome est une augmentation de volume bénigne de la prostate, très fréquente avec l'âge, qui ne devient pas un cancer. Mais les deux maladies peuvent exister en même temps et donner des signes proches : seul un examen permet de faire la différence.
2Causes et transmission
Le cancer de la prostate n'est pas contagieux.
Sa cause exacte n'est pas connue. Les principaux facteurs de risque sont :
- l'âge : il est rare avant 50 ans et de plus en plus fréquent ensuite ;
- l'origine africaine ;
- l'hérédité : un père ou un frère atteint, surtout jeune, augmente le risque ; certaines anomalies génétiques familiales (gène BRCA2) aussi, y compris s'il y a des cancers du sein ou des ovaires chez les femmes de la famille ;
- peut-être le surpoids et une alimentation très riche en graisses animales.
Le cancer de la prostate n'est pas causé par une vie sexuelle trop active ou par l'abstinence.
3Qui est à risque ?
- Les hommes de plus de 50 ans.
- Les hommes d'origine africaine, dès 45 ans.
- Les hommes dont le père ou un frère a eu un cancer de la prostate.
- Les hommes dont les femmes de la famille ont eu des cancers du sein ou des ovaires jeunes.
4Signes
Au début, aucun signe : c'est pourquoi le dépistage est utile.
Quand le cancer grossit :
- troubles urinaires proches de ceux de l'adénome : jet faible, difficulté à commencer, envies fréquentes, surtout la nuit, sensation de vessie mal vidée ;
- sang dans les urines ou dans le sperme ;
- troubles de l'érection.
Quand le cancer s'est étendu :
- douleurs des os : bas du dos, bassin, hanches, côtes, qui ne passent pas et réveillent la nuit ;
- fatigue, amaigrissement, perte d'appétit ;
- pâleur (anémie) ;
- jambes gonflées ;
- fracture après un choc minime ;
- faiblesse ou paralysie des jambes, troubles pour uriner ou aller à la selle (compression de la moelle épinière) ;
- impossibilité d'uriner ou urines rares (reins bloqués).
5Quand consulter en urgence
- Faiblesse ou paralysie des jambes, engourdissement autour des fesses, perte des urines ou des selles
- Impossibilité d'uriner, bas du ventre gonflé et douloureux
- Urines très rares, jambes gonflées, vomissements
- Douleur des os très forte, ou fracture après un choc minime
- Sang abondant dans les urines
- Fièvre et frissons avec troubles urinaires
6Examens et analyses
- Toucher rectal : avec un doigt ganté, le soignant palpe la prostate à travers le rectum. Une zone dure ou irrégulière fait penser à un cancer. L'examen est rapide, peu douloureux, et fait avec respect.
- Dosage du PSA (prise de sang) : une substance fabriquée par la prostate. Un PSA élevé peut faire penser à un cancer, mais il augmente aussi avec l'adénome et les infections. Un PSA normal n'élimine pas complètement un cancer.
- IRM de la prostate, quand elle est disponible, avant la biopsie.
- Biopsie de la prostate : prélèvement de petits fragments de prostate avec une aiguille, sous anesthésie locale, souvent guidé par une échographie. C'est la biopsie qui confirme le cancer et qui mesure son agressivité (score de Gleason).
- Bilan d'extension : scintigraphie des os, scanner, échographie des reins.
- Prise de sang : numération (anémie), créatinine (reins).
7Diagnostic
Le diagnostic est confirmé par la biopsie.
Le soignant précise ensuite :
- l'agressivité du cancer (score de Gleason) ;
- son stade : limité à la prostate, étendu autour, ou étendu aux ganglions et aux os ;
- l'âge et l'état de santé général de l'homme.
Ces éléments décident du traitement.
Il faut faire la différence avec :
- l'adénome de la prostate ;
- la prostatite (infection de la prostate) ;
- les autres causes de douleurs des os (arthrose, tuberculose des vertèbres, autres cancers).
8Traitement
Le traitement dépend du stade, de l'agressivité du cancer, de l'âge et de l'état de santé.
1. Cancer limité à la prostate :
- surveillance active : pour certains petits cancers peu agressifs, on peut surveiller régulièrement (PSA, toucher rectal, biopsies) et traiter seulement s'il évolue ;
- chirurgie (prostatectomie totale) : ablation de la prostate ;
- radiothérapie (rayons), parfois associée à un traitement hormonal.
2. Cancer avancé ou étendu aux os :
- traitement hormonal : le cancer de la prostate se nourrit des hormones masculines. On les bloque :
- par des injections régulières (par exemple leuproréline, triptoréline, dégarélix) ;
- ou par une petite opération qui retire la partie des testicules qui fabrique ces hormones (pulpectomie), peu coûteuse et définitive ;
- parfois avec des comprimés (bicalutamide, abiratérone, enzalutamide) ;
- chimiothérapie dans certains cas ;
- radiothérapie des os douloureux ;
- médicaments pour renforcer les os ;
- traitement de la douleur, y compris la morphine si nécessaire (soins palliatifs).
3. Effets indésirables possibles des traitements : troubles de l'érection, fuites d'urine, bouffées de chaleur, fatigue, prise de poids, os fragiles. Il faut en parler avec le soignant : beaucoup peuvent être soulagés.
Le choix des traitements revient aux soignants, souvent un urologue et une équipe de cancérologie. Aucune plante, aucun produit « pour la prostate » ne guérit le cancer : ils font perdre un temps précieux.
9Prévention
On ne connaît pas de moyen sûr d'empêcher le cancer de la prostate. Mais on peut le découvrir tôt :
- en parler avec un soignant à partir de 50 ans, et dès 45 ans pour les hommes d'origine africaine ou ayant un père ou un frère atteint ;
- faire un toucher rectal et un dosage du PSA si le soignant le conseille, après avoir discuté des avantages et des limites du dépistage ;
- consulter tôt en cas de troubles urinaires, de sang dans les urines ou le sperme, ou de douleurs des os inhabituelles ;
- garder un poids normal, bouger, manger beaucoup de légumes et de fruits.
10Complications
- Extension aux os : douleurs, fractures, anémie.
- Compression de la moelle épinière : paralysie des jambes (urgence).
- Rétention d'urine et insuffisance rénale.
- Fatigue, amaigrissement.
- Effets indésirables des traitements : troubles sexuels, fuites urinaires, bouffées de chaleur, os fragiles.
- Décès, surtout quand le cancer est découvert tard.
11Idées reçues
- « L'adénome se transforme en cancer. » Faux. L'adénome est bénin et ne devient pas un cancer. Mais les deux peuvent exister en même temps : il faut faire examiner sa prostate.
- « Le cancer de la prostate vient d'une vie sexuelle trop active ou de l'abstinence. » Faux. Il est lié surtout à l'âge, à l'origine africaine et à l'hérédité.
- « Le toucher rectal enlève la dignité d'un homme. » Faux. C'est un examen médical rapide, fait avec respect, qui peut sauver la vie.
- « Je n'ai aucun signe, donc je n'ai pas de cancer. » Faux. Le cancer de la prostate ne donne souvent aucun signe au début. Le dépistage permet de le découvrir à temps.
- « Un PSA élevé, c'est forcément un cancer. » Faux. Le PSA augmente aussi avec l'adénome et l'infection. Seule la biopsie confirme le cancer.
- « Le traitement hormonal ou l'opération des testicules, c'est ne plus être un homme. » Faux. Ces traitements bloquent les hormones qui nourrissent le cancer. Ils peuvent diminuer le désir sexuel, mais ils prolongent la vie et soulagent les douleurs.
- « Le cancer, c'est un sort, et c'est toujours mortel. » Faux. Découvert tôt, le cancer de la prostate peut guérir. Même avancé, il peut être contrôlé pendant des années.
- « Les plantes pour la prostate guérissent le cancer. » Faux. Aucun produit traditionnel ne guérit le cancer. Le temps perdu peut coûter la vie.
Cette fiche informe, elle ne remplace pas une consultation. En cas de doute, rendez-vous au centre de santé le plus proche.