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Tuberculose

✓ Fiche écrite et relue par un professionnel de santé

1Définition

La tuberculose est une maladie infectieuse due à une bactérie, le bacille de Koch (Mycobacterium tuberculosis).

Elle touche surtout les poumons, mais peut atteindre d'autres parties du corps : ganglions du cou, os de la colonne (mal de Pott), méninges, ventre, reins.

C'est une maladie grave mais guérissable. Avec un traitement bien suivi jusqu'au bout, presque tous les malades guérissent. Au Mali, le diagnostic et les médicaments sont gratuits dans les centres du programme national de lutte contre la tuberculose.

2Causes et transmission

La tuberculose se transmet par l'air. Quand un malade de tuberculose des poumons tousse, crache, éternue ou parle, il envoie dans l'air de fines gouttelettes contenant le microbe. Les personnes qui respirent cet air peuvent être infectées.

  • La contamination se fait surtout dans les pièces fermées et mal aérées, quand on vit ou dort près d'un malade pendant longtemps.
  • La tuberculose ne s'attrape pas en partageant la vaisselle, en serrant la main ou par les vêtements.
  • Elle n'est pas héréditaire : si plusieurs membres d'une famille sont malades, c'est parce qu'ils vivent ensemble et respirent le même air.

Beaucoup de personnes portent le microbe « endormi » dans leur corps sans être malades ni contagieuses. La maladie se réveille quand les défenses du corps baissent.

3Qui est à risque ?

  • Les personnes qui vivent avec un malade de tuberculose, surtout les enfants.
  • Les personnes vivant avec le VIH : la tuberculose est la première cause de décès chez elles.
  • Les personnes diabétiques, malnutries ou très amaigries.
  • Les fumeurs et les personnes qui boivent beaucoup d'alcool.
  • Les personnes âgées.
  • Les personnes qui vivent dans des logements surpeuplés : prisons, internats, camps.
  • Les soignants exposés.

4Signes

Les signes s'installent lentement, en plusieurs semaines :

  • toux qui dure plus de 2 semaines, sèche puis avec crachats ;
  • fièvre surtout le soir ;
  • sueurs la nuit, qui mouillent les draps ;
  • amaigrissement et perte d'appétit ;
  • grande fatigue ;
  • douleur dans la poitrine, essoufflement ;
  • parfois crachats de sang.

Autres formes :

  • ganglions qui gonflent au cou, parfois avec du pus ;
  • douleur du dos qui s'aggrave, dos qui se déforme (mal de Pott) ;
  • ventre gonflé avec de l'eau, fièvre traînante.

Chez l'enfant : il tousse rarement des crachats. Il faut s'inquiéter s'il ne prend plus de poids, a de la fièvre qui traîne, une toux persistante, ou si quelqu'un tousse longtemps dans la maison.

5Quand consulter en urgence

Allez au centre de santé immédiatement si :
  • Crachats de beaucoup de sang
  • Essoufflement important, difficulté à respirer
  • Maux de tête violents, raideur de la nuque, somnolence ou convulsions
  • Faiblesse ou paralysie des jambes avec douleur du dos
  • Malade très amaigri qui ne mange plus et ne tient plus debout
  • Jaunisse (yeux jaunes), vomissements ou éruption sur la peau pendant le traitement

6Examens et analyses

  • Le test GeneXpert sur les crachats : il trouve le microbe en quelques heures et dit s'il résiste à la rifampicine, un des médicaments principaux.
  • L'examen des crachats au microscope (bacilloscopie) : on recueille les crachats du matin dans un petit pot.
  • La radiographie des poumons.
  • Le test VIH : il est proposé à tout malade de tuberculose.
  • La glycémie pour rechercher un diabète.
  • Le test urinaire TB-LAM, chez les personnes vivant avec le VIH très affaiblies.
  • Selon la forme : ponction d'un ganglion, du liquide autour du poumon ou du ventre, radio de la colonne, culture.
  • Chez l'enfant : test cutané à la tuberculine, radio, prélèvement des crachats ou des selles.

7Diagnostic

Le soignant pense à la tuberculose devant toute toux qui dure plus de 2 semaines, surtout avec fièvre, sueurs la nuit et amaigrissement.

Le diagnostic est confirmé quand on trouve le microbe dans les crachats ou les prélèvements (GeneXpert, microscope, culture). Parfois, surtout chez l'enfant ou le malade du VIH, le médecin décide de traiter sur l'ensemble des signes et de la radio.

Il faut faire la différence avec une pneumonie, un asthme, un cancer du poumon, ou une infection liée au VIH.

8Traitement

Le traitement est long, mais il guérit. Il est gratuit dans les centres de santé du programme national.

  • Tuberculose sensible : association de plusieurs antibiotiques, isoniazide, rifampicine, pyrazinamide et éthambutol, souvent réunis dans un même comprimé. Le traitement dure en général 6 mois chez l'adulte (plus court chez certains enfants, plus long pour certaines formes).
  • Prendre les médicaments chaque jour, à la même heure, sans jamais sauter, même quand on se sent mieux après quelques semaines.
  • Contrôle des crachats pendant le traitement pour vérifier la guérison.
  • Tuberculose résistante : d'autres médicaments (bédaquiline, prétomanide, linézolide, moxifloxacine…), suivis dans des centres spécialisés.
  • Si le malade vit avec le VIH : traitement antirétroviral en plus, et cotrimoxazole pour prévenir d'autres infections.
  • Bien manger pour reprendre des forces.

Les médicaments peuvent colorer les urines en orange : c'est normal. En cas d'yeux jaunes, de vomissements ou de boutons sur la peau, retourner au centre de santé.

Le choix des médicaments et la durée sont fixés par le soignant. Ne jamais acheter de médicaments au marché ni arrêter le traitement de soi-même.

9Prévention

  • Vaccin BCG à la naissance : il protège les enfants contre les formes graves (méningite tuberculeuse, forme miliaire).
  • Dépister et traiter tôt les malades : après deux à trois semaines de traitement bien suivi, le malade devient beaucoup moins contagieux.
  • Faire examiner tous les membres de la famille d'un malade, surtout les enfants de moins de 5 ans.
  • Traitement préventif pour les enfants contacts et les personnes vivant avec le VIH sans tuberculose active (isoniazide, ou isoniazide avec rifapentine), selon le soignant.
  • Aérer les maisons, ouvrir portes et fenêtres, laisser entrer le soleil.
  • Le malade se couvre la bouche en toussant et crache dans un pot avec couvercle, pas par terre.
  • Faire le test VIH et traiter le diabète.

10Complications

  • Crachats de sang abondants, qui peuvent mettre la vie en danger.
  • Destruction des poumons avec essoufflement à vie.
  • Méningite tuberculeuse, surtout chez l'enfant : séquelles graves ou décès.
  • Mal de Pott : déformation du dos, paralysie des jambes.
  • Tuberculose résistante, souvent due à un traitement mal pris ou arrêté trop tôt : plus longue et plus difficile à soigner.
  • Contamination de l'entourage.
  • Décès, surtout sans traitement ou chez la personne vivant avec le VIH.

11Idées reçues

  • « La tuberculose est héréditaire, c'est une maladie de famille. » Faux. Elle se transmet par l'air entre personnes qui vivent ensemble.
  • « La tuberculose ne se guérit pas. » Faux. Avec un traitement complet, presque tous les malades guérissent.
  • « J'ai la tuberculose, donc j'ai le VIH. » Faux. Beaucoup de malades de tuberculose n'ont pas le VIH. Mais le test est proposé à tous, car les deux maladies vont souvent ensemble.
  • « Je me sens bien après un mois, je peux arrêter. » Faux et dangereux. Le microbe est encore là. Arrêter trop tôt fait revenir la maladie et la rend résistante aux médicaments.
  • « Il faut séparer la vaisselle et les habits du malade. » Inutile. La tuberculose ne passe pas par les objets. Il faut surtout aérer et que le malade se couvre la bouche.
  • « C'est une maladie honteuse, il faut la cacher. » Faux. Tout le monde peut l'attraper. La cacher retarde le traitement et met la famille en danger.

Cette fiche informe, elle ne remplace pas une consultation. En cas de doute, rendez-vous au centre de santé le plus proche.

Classée aussi dans : Maladies respiratoires