1Définition
L'asthme est une maladie chronique (de longue durée) des bronches, les tuyaux qui conduisent l'air dans les poumons.
Chez la personne asthmatique, les bronches sont sensibles et enflammées. Au contact de certaines choses (poussière, fumée, froid, infection…), elles se resserrent, se gonflent et produisent du mucus. L'air passe mal : c'est la crise d'asthme, avec des sifflements et une difficulté à respirer.
L'asthme commence souvent dans l'enfance, mais il peut apparaître à tout âge.
On ne guérit pas toujours l'asthme, mais bien soigné, il se contrôle très bien : la personne peut vivre, travailler, aller à l'école et faire du sport normalement. Une crise grave peut cependant tuer si elle n'est pas soignée vite.
2Causes et transmission
L'asthme n'est pas contagieux : il ne s'attrape pas.
Ce qui favorise l'asthme :
- la famille : un parent asthmatique ou allergique augmente le risque ;
- un terrain allergique : eczéma, nez qui coule et éternuements à répétition (rhinite allergique) ;
- la fumée de tabac, y compris pendant la grossesse et dans la maison ;
- la fumée du feu de bois ou du charbon ;
- les infections respiratoires répétées dans la petite enfance.
Ce qui déclenche les crises (facteurs déclenchants) :
- la poussière de la maison, du balayage à sec, et celle de l'harmattan ;
- les fumées : tabac, feu de bois, charbon, encens, insecticides en spray ;
- les odeurs fortes : parfums, produits ménagers, peinture ;
- les acariens (petites bêtes invisibles dans les matelas, nattes, tapis, peluches) ;
- les moisissures dans les maisons humides ;
- les poils et plumes d'animaux, les pollens ;
- les rhumes, grippes et autres infections ;
- le froid, le vent, l'effort physique ;
- les émotions fortes, le stress ;
- certains médicaments : aspirine, ibuprofène et autres anti-inflammatoires, certains médicaments du cœur (bêtabloquants).
3Qui est à risque ?
- Les enfants, surtout les garçons.
- Les personnes dont un parent est asthmatique ou allergique.
- Les personnes qui ont de l'eczéma ou une rhinite allergique.
- Les enfants exposés à la fumée de tabac ou de feu de bois.
- Les personnes qui vivent en ville ou dans des zones très poussiéreuses.
- Les travailleurs exposés aux poussières et produits chimiques (boulangers, coiffeurs, menuisiers, ouvriers du coton, peintres).
- Les personnes en surpoids.
4Signes
Signes de l'asthme :
- sifflements dans la poitrine, surtout en expirant ;
- essoufflement, sensation de manquer d'air ;
- toux sèche, surtout la nuit ou au petit matin, à l'effort ou au rire ;
- poitrine serrée, oppressée.
Ces signes vont et viennent : ils apparaissent par crises et peuvent disparaître complètement entre les crises.
Chez l'enfant : toux la nuit qui revient souvent, sifflements à chaque rhume, essoufflement en jouant, « bronchites » à répétition.
L'asthme n'est pas bien contrôlé si :
- la personne a des signes plus de 2 fois par semaine ;
- elle se réveille la nuit à cause de l'asthme ;
- elle a besoin de son spray de crise plus de 2 fois par semaine ;
- elle est gênée dans ses activités (école, travail, sport).
5Quand consulter en urgence
- La personne n'arrive plus à parler ou à finir une phrase
- Lèvres ou ongles bleus ou gris
- Poitrine qui se creuse, respiration très rapide, épaules qui montent à chaque inspiration
- Le spray de crise ne soulage pas, ou soulage moins de 3 heures
- Personne somnolente, confuse ou épuisée
- Sifflements qui deviennent silencieux alors que la personne respire toujours mal
- Enfant qui ne peut plus boire ou manger à cause de l'essoufflement
6Examens et analyses
- Examen clinique : le soignant écoute les sifflements au stéthoscope et pose des questions sur les crises, la famille, les déclencheurs.
- Débitmètre de pointe (peak-flow) : petit appareil dans lequel on souffle fort. Il mesure la force du souffle et aide à suivre l'asthme.
- Spirométrie : examen du souffle qui confirme l'asthme. On la fait avant et après le salbutamol : si le souffle s'améliore nettement, c'est un argument pour l'asthme.
- Oxymètre de pouls pendant une crise, pour mesurer l'oxygène dans le sang.
- Radiographie des poumons : pour écarter une autre maladie (pneumonie, tuberculose, corps étranger chez l'enfant).
- Prise de sang : numération (augmentation des éosinophiles en cas d'allergie).
- Tests allergiques (sur la peau ou dans le sang) chez un spécialiste, pour savoir à quoi la personne est allergique.
7Diagnostic
Le soignant pense à l'asthme devant des sifflements, une toux la nuit, un essoufflement qui reviennent par crises, surtout chez une personne allergique ou dont un parent est asthmatique.
Le diagnostic est confirmé quand le souffle s'améliore nettement après le salbutamol, ou par la spirométrie.
Il faut le distinguer de :
- une bronchiolite chez le nourrisson ;
- une bronchite ou une pneumonie ;
- la tuberculose ;
- un corps étranger avalé de travers chez l'enfant (arachide, perle) ;
- une insuffisance cardiaque chez l'adulte (essoufflement couché, jambes gonflées) ;
- la BPCO chez le fumeur ;
- l'anémie grave (essoufflement sans sifflements).
8Traitement
Le traitement de l'asthme a deux parties : soulager les crises et prévenir les crises.
1. Traitement de la crise :
- spray de crise (bronchodilatateur) : salbutamol, qui ouvre les bronches en quelques minutes ;
- le spray s'utilise de préférence avec une chambre d'inhalation (un tube ou une bouteille en plastique adaptée), surtout chez l'enfant : le médicament arrive mieux dans les poumons ;
- dans une crise sévère, au centre de santé : salbutamol répété ou par nébulisation, oxygène, corticoïdes par la bouche ou en injection (prednisolone, hydrocortisone), parfois ipratropium ou sulfate de magnésium ;
- une crise grave est une urgence qui demande souvent l'hospitalisation.
2. Traitement de fond (pour éviter les crises) :
- quand les crises sont fréquentes, le soignant prescrit un traitement de fond, à prendre chaque jour, même quand on va bien ;
- le plus important : les corticoïdes inhalés (béclométasone, budésonide, fluticasone), souvent associés à un bronchodilatateur de longue durée (formotérol, salmétérol) ;
- certaines associations (budésonide-formotérol) peuvent servir à la fois de traitement de fond et de traitement de crise, selon le soignant ;
- parfois montélukast en comprimé ;
- chez l'adulte et l'adolescent, le spray de crise seul ne suffit pas si l'asthme est fréquent : il soulage mais ne soigne pas l'inflammation.
3. Bien utiliser les sprays :
- le soignant doit montrer la technique et la vérifier à chaque consultation ;
- se rincer la bouche après un corticoïde inhalé.
4. Plan d'action écrit : savoir quoi faire en cas de crise et quand venir en urgence.
Les médicaments et les doses sont fixés par le soignant. L'asthme se soigne aussi pendant la grossesse : ne pas arrêter le traitement sans avis médical.
9Prévention
- Éviter la fumée : ne pas fumer, pas de fumée dans la maison ni près des enfants, cuisiner dehors ou dans un endroit aéré.
- Réduire la poussière : balayer et essuyer avec un chiffon humide plutôt qu'à sec, quand l'asthmatique n'est pas dans la pièce.
- Laver les draps et les couvertures souvent, au soleil ; exposer les matelas et les nattes au soleil.
- Aérer la maison et éviter l'humidité.
- Éviter les insecticides en spray, l'encens et les parfums forts près de l'asthmatique.
- Se protéger le nez et la bouche pendant l'harmattan et les vents de poussière.
- Éviter les animaux si l'on y est allergique.
- Ne pas prendre d'aspirine ni d'ibuprofène si ces médicaments déclenchent des crises.
- Faire vacciner les enfants selon le PEV, et soigner tôt les rhumes.
- Prendre le traitement de fond régulièrement, même sans crise.
- Toujours avoir son spray de crise sur soi, à l'école, au travail, en voyage.
- Faire du sport : c'est bon pour l'asthmatique bien soigné ; prendre le spray avant l'effort si le soignant le conseille.
10Complications
- Crise d'asthme grave (« asthme aigu grave ») : manque d'oxygène, épuisement, décès sans soins rapides.
- Absences répétées à l'école ou au travail, mauvais sommeil, fatigue.
- Infections respiratoires plus fréquentes.
- Chez l'enfant mal soigné : déformation de la poitrine, retard de croissance.
- Rétrécissement définitif des bronches chez l'adulte mal soigné pendant des années.
- Pneumothorax (air autour du poumon) pendant une crise, rarement.
- Effets indésirables des corticoïdes en comprimés ou en injection pris trop souvent (diabète, os fragiles, prise de poids). C'est une raison de plus de bien prendre le traitement inhalé, qui en évite le recours.
11Idées reçues
- « L'asthme est contagieux. » Faux. On ne peut pas l'attraper au contact d'un asthmatique.
- « L'asthme vient d'un mauvais sort ou d'un esprit. » Faux. C'est une maladie des bronches, souvent familiale et allergique.
- « Le spray rend dépendant ou fatigue le cœur. » Faux. Les sprays bien utilisés sont sûrs. Ils envoient une petite quantité de médicament directement dans les bronches.
- « Les corticoïdes inhalés sont dangereux, ils font grossir. » Faux. Aux quantités utilisées en inhalation, ils sont sûrs, même chez l'enfant. Ils évitent les crises graves et les injections répétées.
- « Une injection soigne mieux la crise que le spray. » Faux. Le spray de salbutamol, avec une chambre d'inhalation, agit plus vite et mieux pour la plupart des crises.
- « Un asthmatique ne doit pas faire de sport. » Faux. Un asthme bien contrôlé permet de faire du sport. De grands sportifs sont asthmatiques.
- « Quand je n'ai plus de crise, je peux arrêter mon traitement de fond. » Faux. Les crises reviennent. On ne diminue le traitement qu'avec l'avis du soignant.
- « L'enfant asthmatique va forcément guérir en grandissant. » Pas toujours. L'asthme diminue chez beaucoup d'enfants, mais il peut persister ou revenir à l'âge adulte.
Cette fiche informe, elle ne remplace pas une consultation. En cas de doute, rendez-vous au centre de santé le plus proche.