1Définition
L'infection à chlamydia est une infection sexuellement transmissible (IST) due à une bactérie, Chlamydia trachomatis.
C'est l'une des IST les plus fréquentes au monde, surtout chez les jeunes. Elle est dangereuse parce qu'elle est souvent silencieuse : la plupart des femmes et beaucoup d'hommes infectés n'ont aucun signe. Pendant ce temps, la bactérie peut monter vers l'utérus et les trompes chez la femme, ou vers les testicules chez l'homme, et provoquer une stérilité.
Elle est souvent associée à la gonococcie (chaude-pisse), et les deux sont souvent traitées ensemble.
L'infection à chlamydia se guérit facilement avec des antibiotiques, à condition de traiter aussi le ou les partenaires.
Remarque : une autre forme de la même bactérie provoque le trachome, une maladie des yeux qui ne se transmet pas par les rapports sexuels. Ce sont deux maladies différentes.
2Causes et transmission
L'infection à chlamydia se transmet :
- par les rapports sexuels non protégés : vaginaux, anaux et, plus rarement, bucco-génitaux ;
- de la mère au bébé pendant l'accouchement : infection des yeux ou des poumons du nouveau-né.
Une personne sans aucun signe peut transmettre la bactérie.
On ne l'attrape pas sur les toilettes, en partageant le repas ou la vaisselle.
Avoir eu une infection à chlamydia ne protège pas : on peut l'attraper à nouveau, souvent si le partenaire n'a pas été traité.
3Qui est à risque ?
- Les jeunes de 15 à 25 ans sexuellement actifs, surtout les jeunes femmes.
- Les personnes qui ont un nouveau partenaire ou plusieurs partenaires, sans préservatif.
- Les personnes qui ont déjà eu une IST.
- Les partenaires d'une personne atteinte d'une IST.
- Les bébés nés de mères infectées.
4Signes
Chez la femme :
- aucun signe dans la majorité des cas ;
- parfois pertes inhabituelles ;
- brûlures en urinant ;
- saignements après les rapports ou entre les règles ;
- douleurs du bas-ventre ou pendant les rapports ;
- si l'infection monte vers l'utérus et les trompes : douleurs du bas-ventre, parfois fièvre.
Chez l'homme :
- souvent aucun signe ;
- parfois écoulement clair ou blanchâtre par le pénis, moins abondant que dans la chaude-pisse ;
- brûlures ou démangeaisons en urinant ;
- douleur et gonflement d'un testicule (épididymite).
Autres localisations :
- anus : douleur, écoulement, saignement ;
- yeux : œil rouge avec sécrétions (conjonctivite) ;
- rarement : douleurs des articulations avec œil rouge et brûlures urinaires.
Chez le nouveau-né : yeux rouges avec sécrétions dans les premières semaines, parfois toux et difficulté à respirer vers 1 à 3 mois.
Une forme particulière (lymphogranulomatose vénérienne) donne une petite plaie génitale, puis de gros ganglions douloureux dans l'aine, qui peuvent s'ouvrir.
5Quand consulter en urgence
- Douleur du bas-ventre avec ou sans fièvre chez une femme
- Douleur forte du bas-ventre avec retard de règles (penser à une grossesse extra-utérine)
- Douleur et gonflement d'un testicule
- Écoulement par le pénis ou brûlures en urinant
- Saignements après les rapports
- Partenaire chez qui on a découvert une IST, même sans aucun signe
- Nouveau-né avec les yeux rouges et des sécrétions
- Gros ganglion douloureux dans l'aine
6Examens et analyses
- Test moléculaire (recherche de l'ADN de la bactérie) :
- sur les premières urines du matin chez l'homme ;
- sur un prélèvement vaginal, que la femme peut parfois faire elle-même ;
- c'est l'examen le plus fiable, mais il n'est pas disponible partout.
- Prélèvement du col ou de l'urètre au laboratoire.
- Sérologie (prise de sang) : utile surtout pour rechercher une ancienne infection dans le bilan d'une stérilité.
- Tests du VIH, de la syphilis, de l'hépatite B et de la gonococcie.
- Chez la femme : test de grossesse et échographie en cas de douleur.
7Diagnostic
Le diagnostic est confirmé par le test moléculaire.
Quand ce test n'est pas disponible, le soignant utilise l'approche syndromique de l'OMS : devant un écoulement, des pertes anormales ou une douleur du bas-ventre, il traite à la fois le chlamydia et le gonocoque, sans attendre de résultat.
Il faut faire la différence avec :
- la gonococcie ;
- la trichomonase ;
- l'infection urinaire ;
- la mycose vaginale et la vaginose ;
- chez la femme avec douleur : la grossesse extra-utérine, l'appendicite, le kyste de l'ovaire.
8Traitement
1. Les antibiotiques, prescrits par un soignant :
- doxycycline en comprimés pendant une semaine : c'est souvent le traitement préféré ;
- ou azithromycine en prise unique, en particulier chez la femme enceinte (la doxycycline est déconseillée pendant la grossesse) ;
- souvent associés à un traitement contre la gonococcie (ceftriaxone) si celle-ci n'est pas exclue ;
- infection haute (utérus, trompes) : association de plusieurs antibiotiques pendant 2 semaines ;
- forme avec gros ganglions : traitement plus long.
2. Traiter le ou les partenaires des 2 derniers mois, même sans aucun signe.
3. Pas de rapports sexuels pendant 7 jours après la fin du traitement, et jusqu'à ce que le partenaire soit traité. Sinon, préservatif.
4. Nouveau dépistage quelques mois après le traitement, car les réinfections sont fréquentes.
5. Nouveau-né : antibiotique par la bouche (azithromycine ou érythromycine) selon le soignant.
Le choix des médicaments et des doses revient au soignant. Les comprimés achetés au marché ou les traitements incomplets peuvent calmer les signes sans guérir l'infection.
9Prévention
- Préservatif à chaque rapport, du début à la fin, avec un partenaire de statut inconnu.
- Fidélité entre partenaires dépistés.
- Dépistage des IST chez les jeunes sexuellement actifs et après un changement de partenaire, là où il est possible.
- Prévenir et faire traiter ses partenaires en cas d'IST.
- Consulter dès les premiers signes, et ne pas avoir de rapports en attendant.
- Pendant la grossesse : consulter en cas de pertes, faire les CPN.
- À la naissance : pommade antibiotique (tétracycline) dans les yeux du bébé.
10Complications
Chez la femme :
- infection de l'utérus et des trompes (salpingite) ;
- stérilité (trompes bouchées) : c'est l'une des premières causes de stérilité chez la femme ;
- grossesse extra-utérine ;
- douleurs du bas-ventre chroniques ;
- inflammation autour du foie (douleur sous les côtes à droite) ;
- pendant la grossesse : accouchement prématuré, rupture précoce de la poche des eaux.
Chez l'homme :
- épididymite, qui peut diminuer la fertilité ;
- prostatite.
Chez les deux :
- arthrite réactionnelle (douleurs des articulations) ;
- risque plus élevé d'attraper ou de transmettre le VIH.
Chez le nouveau-né : conjonctivite, pneumonie.
11Idées reçues
- « Je n'ai aucun signe, donc je n'ai pas d'infection. » Faux. La plupart des femmes et beaucoup d'hommes infectés n'ont aucun signe. Seul un test permet de savoir.
- « Seuls les hommes ont des IST, puisque ce sont eux qui ont des écoulements. » Faux. Les femmes sont souvent infectées sans signe, et ce sont elles qui ont le plus de complications (stérilité).
- « La stérilité, c'est toujours la faute de la femme. » Faux. Une infection à chlamydia transmise par l'homme peut boucher les trompes de la femme. L'homme peut aussi devenir moins fertile.
- « Mon partenaire n'a pas de signe, il n'a pas besoin d'être traité. » Faux. S'il n'est pas traité, il vous réinfectera.
- « Le chlamydia, c'est le trachome. » Faux. C'est la même famille de bactérie, mais ce sont deux maladies différentes : le trachome touche les yeux et ne se transmet pas par les rapports sexuels.
- « Une fois traité, je ne peux plus l'attraper. » Faux. On peut se réinfecter à chaque rapport non protégé avec un partenaire infecté.
- « Les comprimés du marché suffisent. » Faux. Un traitement mal choisi ou incomplet peut faire disparaître les signes sans guérir l'infection.
Cette fiche informe, elle ne remplace pas une consultation. En cas de doute, rendez-vous au centre de santé le plus proche.