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Herpès

✓ Fiche écrite et relue par un professionnel de santé

1Définition

L'herpès est une infection due à un virus, le virus herpès simplex. Il en existe deux types :

  • le type 1 : il donne surtout l'herpès de la bouche, le fameux « bouton de fièvre » sur la lèvre. Il peut aussi toucher les organes génitaux ;
  • le type 2 : il donne surtout l'herpès génital, transmis par les rapports sexuels.

L'herpès provoque des petites bulles (vésicules) groupées en bouquet, douloureuses, qui éclatent, forment des plaies puis des croûtes, et guérissent en une à deux semaines.

Une fois attrapé, le virus reste dans le corps toute la vie, endormi dans les nerfs. Il peut se réveiller de temps en temps et provoquer de nouvelles poussées (récidives), souvent au même endroit.

L'herpès est très fréquent. Il est le plus souvent bénin, mais il peut être grave chez le nouveau-né, chez les personnes vivant avec le VIH et quand il touche l'œil ou le cerveau.

Il ne se guérit pas définitivement, mais des médicaments antiviraux raccourcissent les poussées et peuvent les rendre plus rares.

2Causes et transmission

L'herpès se transmet par contact direct avec la peau ou les muqueuses d'une personne porteuse du virus :

  • baisers (herpès de la bouche) ;
  • rapports sexuels vaginaux, anaux et bucco-génitaux (herpès génital) ;
  • de la mère au bébé pendant l'accouchement ;
  • plus rarement, en partageant verres, cuillères, rouge à lèvres ou baume pendant une poussée.

Le virus est surtout contagieux pendant une poussée, mais il peut aussi se transmettre sans aucun bouton visible.

Ce qui réveille le virus (déclenche une récidive) :

  • la fièvre (d'où le nom « bouton de fièvre »), le paludisme, la grippe ;
  • le soleil fort ;
  • les règles ;
  • le stress, la fatigue ;
  • une blessure de la peau ou des lèvres ;
  • une baisse des défenses (VIH, corticoïdes, chimiothérapie).

3Qui est à risque ?

  • Tout le monde peut attraper l'herpès de la bouche, souvent dès l'enfance.
  • Les personnes qui ont plusieurs partenaires sexuels ou un partenaire porteur, sans préservatif (herpès génital).
  • Les personnes vivant avec le VIH : poussées plus fréquentes, plus longues et plus graves.
  • Les nouveau-nés dont la mère a un herpès génital au moment de l'accouchement, surtout s'il s'agit d'une première infection en fin de grossesse.
  • Les enfants qui ont de l'eczéma (risque d'herpès étendu).

4Signes

Première infection (primo-infection) :

  • souvent aucun signe ;
  • chez le jeune enfant : fièvre et plaies dans toute la bouche et sur les gencives, l'enfant refuse de manger et bave (voir la fiche Aphtes et stomatites) ;
  • herpès génital : nombreuses petites bulles très douloureuses sur les organes génitaux, qui deviennent des plaies, avec fièvre, ganglions dans l'aine, brûlures en urinant, parfois difficulté à uriner. Cette première poussée dure 2 à 3 semaines.

Récidives (poussées suivantes) :

  • quelques heures avant : picotements, brûlures ou démangeaisons à l'endroit où le bouton va sortir ;
  • puis petites bulles groupées sur une zone rouge ;
  • elles éclatent, forment de petites plaies, puis des croûtes ;
  • guérison en 7 à 10 jours ;
  • les récidives sont en général moins fortes que la première infection ;
  • bouche : sur le bord de la lèvre, autour du nez ;
  • organes génitaux : pénis, vulve, vagin, fesses, autour de l'anus.

Herpès de l'œil : œil rouge, douloureux, gêne à la lumière, vision floue.

5Quand consulter en urgence

Allez au centre de santé immédiatement si :
  • Nouveau-né avec des petites bulles sur la peau, de la fièvre, qui tète mal ou est très endormi
  • Femme enceinte avec des bulles ou des plaies génitales, surtout en fin de grossesse
  • Œil rouge et douloureux avec un bouton d'herpès sur le visage
  • Fièvre, maux de tête, confusion, convulsions ou comportement étrange (atteinte du cerveau)
  • Herpès étendu sur une peau qui a de l'eczéma
  • Impossibilité d'uriner pendant un herpès génital
  • Plaies génitales qui ne guérissent pas après plusieurs semaines, surtout chez une personne vivant avec le VIH
  • Enfant avec des plaies dans la bouche qui ne boit plus

6Examens et analyses

  • Le diagnostic se fait le plus souvent à l'examen : l'aspect des bulles groupées est typique.
  • Prélèvement d'une bulle ou d'une plaie, avec recherche du virus (PCR), en cas de doute, chez la femme enceinte, le nouveau-né ou la personne vivant avec le VIH.
  • Tests du VIH et de la syphilis devant toute plaie génitale.
  • Examen des yeux par un ophtalmologiste en cas d'atteinte de l'œil.
  • Ponction lombaire et imagerie du cerveau en cas de suspicion d'atteinte du cerveau.

7Diagnostic

Le diagnostic repose sur des petites bulles groupées, douloureuses, précédées de picotements, qui reviennent souvent au même endroit.

Il faut faire la différence avec :

  • la syphilis (plaie génitale non douloureuse) ;
  • le chancre mou (plaie génitale douloureuse et purulente) ;
  • le zona (bulles en bande d'un seul côté du corps) ;
  • les aphtes (plaies de la bouche sans bulles) ;
  • l'impétigo (croûtes jaunes couleur miel) ;
  • la varicelle ;
  • les mycoses.

8Traitement

Il n'existe pas de traitement qui élimine le virus du corps, mais les antiviraux sont efficaces.

1. Les antiviraux (aciclovir, valaciclovir), en comprimés, sur prescription :

  • pour la première infection génitale : traitement de quelques jours, qui réduit la douleur et la durée ;
  • pour les récidives : traitement court, à commencer dès les premiers picotements ;
  • en cas de récidives fréquentes (plusieurs par an) : traitement chaque jour pendant plusieurs mois, qui les rend plus rares et diminue la contagion ;
  • chez la femme enceinte : traitement en fin de grossesse selon le soignant ;
  • formes graves (nouveau-né, cerveau, personne très affaiblie) : aciclovir en perfusion à l'hôpital.

2. Les soins locaux :

  • laver doucement à l'eau et au savon, bien sécher ;
  • ne pas percer les bulles, ne pas arracher les croûtes ;
  • bains de siège à l'eau tiède en cas d'herpès génital douloureux ; uriner dans l'eau tiède si les brûlures sont fortes ;
  • paracétamol contre la douleur ;
  • crème antivirale pour le bouton de fièvre, d'effet modeste.

3. Herpès de l'œil : traitement par l'ophtalmologiste. Ne jamais mettre de collyre à la cortisone sans avis : il peut aggraver l'infection et rendre aveugle.

Le choix des médicaments et des doses revient au soignant. Ne pas mettre de dentifrice, d'alcool, de citron, de pétrole ou de produits traditionnels sur les bulles : ils irritent la peau et retardent la guérison.

9Prévention

  • Ne pas embrasser un bébé, surtout un nouveau-né, quand on a un bouton de fièvre.
  • Se laver les mains après avoir touché un bouton, et ne pas se toucher les yeux.
  • Ne pas partager verres, cuillères, rouge à lèvres, baume, serviettes pendant une poussée.
  • Pas de rapports sexuels (y compris bucco-génitaux) pendant une poussée d'herpès génital.
  • Préservatif à chaque rapport : il diminue le risque, sans le supprimer complètement.
  • Informer son partenaire.
  • Femme enceinte : dire au soignant si l'on a déjà eu un herpès génital, et consulter devant toute plaie génitale en fin de grossesse ; une césarienne peut être proposée en cas de lésions au moment de l'accouchement.
  • Protéger les lèvres du soleil (baume protecteur, chapeau) si le soleil déclenche les poussées.
  • Traiter le VIH, qui rend l'herpès plus fréquent et plus grave.

10Complications

  • Herpès du nouveau-né : infection grave de la peau, des yeux, du cerveau et des organes, souvent mortelle ou avec des séquelles.
  • Herpès de l'œil : atteinte de la cornée pouvant entraîner une baisse de la vue.
  • Encéphalite (atteinte du cerveau), rare mais très grave.
  • Herpès étendu sur une peau qui a de l'eczéma.
  • Difficulté à uriner pendant un herpès génital.
  • Plaies chroniques chez les personnes vivant avec le VIH.
  • Risque plus élevé d'attraper ou de transmettre le VIH.
  • Souffrance psychologique, gêne dans la vie de couple.

11Idées reçues

  • « Le bouton de fièvre, c'est le palu qui sort. » Faux. C'est le virus de l'herpès qui se réveille, souvent pendant une fièvre (dont le paludisme). Le bouton ne veut pas dire que le paludisme guérit.
  • « On ne peut transmettre l'herpès que quand on a des boutons. » Faux. Le virus peut se transmettre même sans bouton visible, mais le risque est plus élevé pendant les poussées.
  • « L'herpès génital est une punition ou la preuve d'une infidélité. » Faux. Le virus peut rester endormi pendant des années avant la première poussée. Une poussée ne dit pas quand l'infection a eu lieu.
  • « Le dentifrice ou l'alcool font sécher le bouton plus vite. » Faux. Ils irritent la peau. Un antiviral pris tôt est plus efficace.
  • « Embrasser un bébé avec un bouton de fièvre, ce n'est pas grave. » Faux et dangereux. L'herpès peut être mortel chez le nouveau-né.
  • « Une femme qui a l'herpès génital ne peut pas avoir d'enfant. » Faux. Elle peut avoir des enfants en bonne santé, avec un suivi et un traitement adaptés pendant la grossesse.
  • « L'herpès se guérit définitivement avec un produit traditionnel. » Faux. Aucun produit n'élimine le virus. Les antiviraux soulagent et rendent les poussées plus rares.

Cette fiche informe, elle ne remplace pas une consultation. En cas de doute, rendez-vous au centre de santé le plus proche.

Classée aussi dans : Infections sexuellement transmissibles