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Mal de dos (lombalgie)

✓ Fiche écrite et relue par un professionnel de santé

1Définition

La lombalgie est une douleur du bas du dos, au niveau des reins (la région lombaire), entre les dernières côtes et les fesses.

C'est l'une des plaintes les plus fréquentes : presque tout le monde a mal au dos au moins une fois dans sa vie.

On distingue :

  • la lombalgie aiguë : elle dure moins de 6 semaines. Elle est souvent due à un faux mouvement ou à un effort, et guérit dans la grande majorité des cas en quelques jours à quelques semaines ;
  • la lombalgie chronique : elle dure plus de 3 mois ;
  • la sciatique : la douleur descend dans la jambe, souvent jusque sous le genou ou dans le pied, parce qu'un nerf est irrité, le plus souvent par une hernie discale (un disque entre deux vertèbres qui déborde).

Dans 9 cas sur 10, le mal de dos est dit « commun » : il n'y a pas de maladie grave derrière, même s'il fait très mal. Mais dans quelques cas, il peut révéler une maladie sérieuse (tuberculose des vertèbres, infection, cancer, fracture) : il faut connaître les signes d'alerte.

Attention : le « mal de reins » vient le plus souvent des muscles et de la colonne, pas des reins eux-mêmes.

2Causes et transmission

Le mal de dos n'est pas contagieux.

Mal de dos commun :

  • faux mouvement, torsion du dos ;
  • port de charges lourdes, surtout en se penchant en avant avec les jambes tendues ;
  • travaux pénibles et répétés : travaux des champs courbé, pilage du mil, lessive à genoux ou penché, maçonnerie ;
  • positions prolongées : rester longtemps assis (chauffeurs, bureau), debout ou penché ;
  • manque d'activité physique et muscles du dos et du ventre faibles ;
  • surpoids ;
  • grossesse ;
  • stress, fatigue, mauvais sommeil ;
  • usure de la colonne avec l'âge (arthrose, disques usés).

Sciatique :

  • hernie discale, le plus souvent après un effort ou un faux mouvement ;
  • arthrose de la colonne qui rétrécit le passage des nerfs, chez la personne âgée.

Causes plus rares mais graves :

  • tuberculose des vertèbres (mal de Pott), fréquente en Afrique ;
  • infection des vertèbres ou des disques (y compris chez le drépanocytaire) ;
  • cancer qui touche les os (prostate, sein, poumon, myélome) ;
  • fracture d'une vertèbre (chute, accident, os fragiles) ;
  • maladies des reins (infection, calcul), du ventre ou de l'appareil génital, dont la douleur se projette dans le dos.

3Qui est à risque ?

  • Les personnes qui font des travaux physiques pénibles (cultivateurs, porteurs, maçons, femmes qui pilent ou portent l'eau).
  • Les personnes qui restent longtemps assises (chauffeurs, conducteurs de moto, employés de bureau).
  • Les personnes en surpoids et sédentaires.
  • Les femmes enceintes.
  • Les fumeurs.
  • Les personnes stressées ou déprimées.
  • Les personnes âgées (arthrose, os fragiles).

4Signes

Mal de dos commun :

  • douleur du bas du dos, d'un côté ou des deux ;
  • souvent apparue après un effort ou un faux mouvement, parfois sans raison ;
  • douleur aggravée par les mouvements, la position assise ou debout prolongée ;
  • soulagée par le repos et certaines positions ;
  • raideur, difficulté à se pencher ou à se relever ;
  • parfois blocage complet (« tour de reins »).

Sciatique :

  • douleur qui descend dans la fesse, l'arrière ou le côté de la cuisse et de la jambe, parfois jusqu'au pied ;
  • douleur souvent plus forte dans la jambe que dans le dos ;
  • aggravée par la toux, l'éternuement, l'effort pour aller à la selle ;
  • parfois fourmillements ou engourdissement dans la jambe ou le pied ;
  • parfois faiblesse du pied.

5Quand consulter en urgence

Allez au centre de santé immédiatement si :
  • Engourdissement entre les cuisses, autour de l'anus ou des organes génitaux
  • Difficulté à uriner, perte des urines ou des selles
  • Faiblesse ou paralysie d'une ou des deux jambes, pied qui tombe en marchant
  • Douleur du dos avec fièvre
  • Douleur après une chute ou un accident
  • Douleur qui ne diminue pas au repos et réveille la nuit
  • Amaigrissement, sueurs la nuit, toux qui dure, ou contact avec un malade de tuberculose
  • Bosse ou déformation qui apparaît sur la colonne
  • Antécédent de cancer, personne vivant avec le VIH ou prenant de la cortisone depuis longtemps
  • Mal de dos nouveau chez un enfant ou un jeune de moins de 20 ans, ou après 50 ans
  • Douleur très forte d'un côté, avec brûlures urinaires ou sang dans les urines

6Examens et analyses

  • Examen par le soignant : colonne, mobilité, nerfs (force, sensibilité, réflexes), ventre.
  • Pour un mal de dos commun récent, aucun examen n'est nécessaire : la radiographie ne change pas le traitement et ne montre souvent que l'usure normale de l'âge.
  • Examens en cas de signes d'alerte ou de douleur qui dure plus de 6 semaines :
  • prise de sang (numération, vitesse de sédimentation, CRP) ;
  • radiographie de la colonne ;
  • scanner ou IRM (hernie discale, infection, tumeur) ;
  • recherche de la tuberculose ;
  • examen des urines ;
  • PSA chez l'homme âgé.

7Diagnostic

Le soignant cherche d'abord à savoir s'il s'agit :

  • d'un mal de dos commun (le plus fréquent) ;
  • d'une sciatique ;
  • ou d'un mal de dos lié à une maladie (signes d'alerte).

Il faut faire la différence avec :

  • la colique néphrétique (calcul du rein : douleur très forte d'un côté, qui descend vers le bas du ventre) ;
  • la pyélonéphrite (infection du rein, avec fièvre) ;
  • les douleurs gynécologiques ;
  • le mal de Pott et les infections des vertèbres ;
  • les cancers des os ;
  • les maladies du pancréas ou de l'aorte.

8Traitement

1. Rester actif : c'est le conseil le plus important.

  • ne pas rester couché plusieurs jours : le repos au lit ralentit la guérison ;
  • continuer les activités de la vie quotidienne autant que possible, en évitant seulement les efforts qui font très mal ;
  • marcher chaque jour ;
  • reprendre le travail dès que possible, en adaptant les tâches au début.

2. Calmer la douleur, pour pouvoir bouger :

  • chaleur sur le bas du dos (bouillotte, linge chaud, douche chaude) ;
  • paracétamol ;
  • anti-inflammatoires (ibuprofène, diclofénac) pour de courtes durées, sur conseil du soignant (attention à l'estomac et aux reins) ;
  • un massage doux peut soulager.

3. Les exercices (après la phase la plus douloureuse) :

  • renforcer les muscles du dos et du ventre ;
  • étirements doux ;
  • kinésithérapie si la douleur dure ou revient souvent.

4. Sciatique : mêmes conseils ; parfois infiltration de cortisone ; chirurgie seulement en cas de faiblesse importante de la jambe, de troubles urinaires, ou de douleur qui ne cède pas après plusieurs semaines de traitement bien conduit. La plupart des sciatiques guérissent sans opération en quelques semaines à quelques mois.

5. Lombalgie chronique : exercice régulier, rééducation, perte de poids, prise en charge du stress et du sommeil, adaptation du poste de travail.

6. Causes particulières (tuberculose, infection, fracture, cancer) : traitement spécifique de la cause.

Le choix des médicaments et des doses revient au soignant. Éviter les injections répétées de cortisone ou d'anti-inflammatoires faites sans contrôle, l'usage prolongé de tramadol, et les manipulations brutales par des personnes non formées.

9Prévention

  • Soulever correctement : plier les genoux, garder le dos droit, tenir la charge près du corps, ne pas tourner le dos en portant.
  • Éviter de porter trop lourd ; partager la charge, utiliser une brouette ou une charrette.
  • Varier les positions : se lever et marcher régulièrement si l'on travaille assis ; s'asseoir sur un tabouret plutôt que rester penché longtemps.
  • Bouger chaque jour et renforcer les muscles du dos et du ventre.
  • Garder un poids normal.
  • Ne pas fumer.
  • Dormir sur un matelas ni trop mou ni trop dur.
  • Gérer le stress.

10Complications

  • Douleur chronique, qui peut durer des mois.
  • Arrêts de travail, perte de revenus.
  • Dépendance aux antidouleurs (tramadol), effets indésirables des anti-inflammatoires (estomac, reins).
  • Tristesse, dépression, troubles du sommeil.
  • Faiblesse ou paralysie de la jambe dans certaines sciatiques graves non soignées.
  • Retard de diagnostic d'une maladie grave (tuberculose des vertèbres, cancer) si les signes d'alerte sont négligés.

11Idées reçues

  • « Le mal de reins, ce sont les reins. » Pas souvent. La plupart des douleurs du bas du dos viennent des muscles et de la colonne. Une maladie des reins donne souvent de la fièvre ou des troubles urinaires.
  • « Quand on a mal au dos, il faut rester couché. » Faux. Rester couché ralentit la guérison. Il faut bouger autant que possible.
  • « Il faut une radio pour tout mal de dos. » Faux. Pour un mal de dos récent sans signe d'alerte, la radio n'est pas utile.
  • « J'ai une hernie discale, il faut forcément opérer. » Faux. La plupart des hernies discales guérissent sans opération.
  • « Une injection règle le problème. » Faux. Les injections soulagent un moment, mais répétées sans contrôle elles sont dangereuses. Bouger et renforcer le dos sont plus efficaces à long terme.
  • « Le mal de dos vient du froid ou du vent. » Faux. Le froid peut augmenter la raideur, mais il ne cause pas le mal de dos.
  • « Le mal de dos vient d'une maladie sexuelle ou de la faiblesse sexuelle. » Faux. Le mal de dos n'a en général aucun lien avec la vie sexuelle.

Cette fiche informe, elle ne remplace pas une consultation. En cas de doute, rendez-vous au centre de santé le plus proche.