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Rhinite allergique

✓ Fiche écrite et relue par un professionnel de santé

1Définition

La rhinite allergique est une inflammation du nez due à une allergie. Le nez réagit de façon exagérée à des éléments de l'air habituellement sans danger (poussière, acariens, pollens, poils d'animaux…), appelés allergènes.

Elle provoque des éternuements en série, un nez qui coule (liquide clair, comme de l'eau), un nez bouché et des démangeaisons du nez, des yeux et de la gorge.

On distingue :

  • la rhinite allergique saisonnière : elle revient chaque année à la même période (par exemple pendant la floraison de certaines plantes ou pendant l'harmattan) ;
  • la rhinite allergique permanente (toute l'année) : souvent due aux acariens de la poussière de maison, aux cafards ou aux animaux.

La rhinite allergique est très fréquente, chez l'enfant comme chez l'adulte. Elle n'est pas grave, mais elle peut gêner beaucoup le sommeil, l'école et le travail. Elle est souvent associée à l'asthme, à l'eczéma et à la conjonctivite allergique.

On ne la guérit pas toujours, mais elle se contrôle bien avec des traitements simples.

2Causes et transmission

La rhinite allergique n'est pas contagieuse.

Les allergènes les plus fréquents :

  • les acariens : petites bêtes invisibles qui vivent dans la poussière de maison, les matelas, oreillers, nattes, tapis, peluches ;
  • les cafards (blattes) : leurs déchets sont une cause importante d'allergie dans les pays chauds ;
  • les pollens de certaines herbes, arbres et fleurs ;
  • les moisissures des maisons humides ;
  • les poils et squames d'animaux (chat, chien, mouton, cheval) ;
  • certaines poussières professionnelles : farine (boulangers), bois (menuisiers), coton, produits chimiques.

Ce qui irrite le nez et aggrave les signes :

  • la poussière et le vent sec de l'harmattan ;
  • la fumée de tabac, de feu de bois, de charbon ;
  • l'encens, les parfums, les insecticides en spray ;
  • les odeurs fortes (produits ménagers, peinture) ;
  • les changements de température, la climatisation.

Pourquoi certaines personnes sont allergiques ?

  • il existe une tendance familiale : un enfant dont les parents sont allergiques a plus de risque de l'être ;
  • l'allergie est plus fréquente chez les personnes ayant de l'asthme ou de l'eczéma.

3Qui est à risque ?

  • Les personnes dont un parent est allergique, asthmatique ou a de l'eczéma.
  • Les personnes ayant de l'asthme ou de l'eczéma.
  • Les enfants et jeunes adultes.
  • Les personnes vivant dans des maisons poussiéreuses, humides, avec des cafards.
  • Les personnes exposées à la fumée de tabac ou de feu de bois.
  • Les boulangers, menuisiers, ouvriers du coton, coiffeurs et autres métiers exposés.
  • Les personnes vivant en ville, plus exposées à la pollution.

4Signes

Signes du nez :

  • éternuements en série, souvent le matin ;
  • nez qui coule, liquide clair comme de l'eau ;
  • nez bouché, respiration par la bouche ;
  • démangeaisons du nez : l'enfant se frotte le nez vers le haut avec la paume de la main ;
  • perte de l'odorat.

Autres signes :

  • yeux rouges, qui grattent, qui pleurent (conjonctivite allergique) ;
  • démangeaisons de la gorge, du palais, des oreilles ;
  • toux sèche, surtout la nuit ;
  • cernes sous les yeux ;
  • ronflements, sommeil de mauvaise qualité ;
  • fatigue, difficultés de concentration à l'école ou au travail ;
  • maux de tête.

Il n'y a pas de fièvre dans la rhinite allergique.

Les signes reviennent à chaque contact avec l'allergène, ou durent toute la saison, voire toute l'année.

5Quand consulter en urgence

Allez au centre de santé immédiatement si :
  • Essoufflement, sifflements dans la poitrine, toux qui empêche de respirer (asthme)
  • Gonflement du visage, des lèvres, de la langue ou de la gorge, difficulté à avaler ou à respirer
  • Malaise, démangeaisons sur tout le corps, plaques rouges en relief, après un aliment, une piqûre ou un médicament
  • Forte fièvre avec écoulement épais d'un seul côté et douleur du visage
  • Œil très douloureux, qui voit moins bien, ou très rouge
  • Saignements de nez répétés

6Examens et analyses

  • Entretien et examen du nez par le soignant : le diagnostic est souvent fait sur les signes et leur répétition.
  • Tests cutanés (prick-tests) : de petites gouttes d'allergènes sont déposées sur la peau de l'avant-bras, qu'on pique légèrement. Une petite bosse apparaît en quelques minutes si la personne est allergique. Ils se font chez l'allergologue ou le pneumologue.
  • Prise de sang : recherche d'anticorps contre certains allergènes (IgE spécifiques), numération (éosinophiles).
  • Endoscopie du nez chez l'ORL en cas de nez bouché permanent ou de doute (polypes, déviation de la cloison).
  • Examen du souffle (spirométrie) si l'on soupçonne un asthme associé.

7Diagnostic

Le diagnostic repose sur :

  • des éternuements, un nez qui coule clair, un nez bouché, des démangeaisons ;
  • qui reviennent à chaque contact avec certains éléments, ou à certaines saisons ;
  • sans fièvre ;
  • souvent chez une personne allergique ou dont la famille l'est.

Les tests allergiques permettent de trouver l'allergène en cause.

Il faut faire la différence avec :

  • le rhume (dure une semaine, parfois avec fièvre, sans démangeaisons importantes) ;
  • la sinusite (écoulement épais, douleur du visage) ;
  • la rhinite due aux sprays décongestionnants utilisés trop longtemps ;
  • les polypes du nez, une déviation de la cloison ;
  • un corps étranger dans le nez chez l'enfant (écoulement malodorant d'un seul côté) ;
  • la rhinite de la grossesse.

8Traitement

1. Éviter les allergènes (voir Prévention) : c'est la première mesure.

2. Laver le nez au sérum physiologique, une à plusieurs fois par jour : cela enlève les allergènes et la poussière.

3. Les médicaments, sur conseil du soignant :

  • antihistaminiques en comprimés ou en sirop : cétirizine, loratadine, desloratadine, lévocétirizine, fexofénadine. Ils calment les éternuements, l'écoulement et les démangeaisons, et font peu dormir. Les anciens antihistaminiques (chlorphénamine, dexchlorphéniramine, prométhazine) font beaucoup dormir : attention à la conduite et à l'école ;
  • sprays nasaux à la cortisone : béclométasone, budésonide, fluticasone, mométasone. Ce sont les plus efficaces contre le nez bouché. Ils agissent en quelques jours et doivent être utilisés régulièrement pendant la saison ou la période gênante. Aux doses utilisées dans le nez, ils sont sans danger ;
  • collyres antiallergiques pour les yeux ;
  • parfois montélukast, surtout s'il y a aussi un asthme ;
  • les sprays décongestionnants seulement quelques jours.

4. La désensibilisation (immunothérapie allergénique) : chez l'allergologue, on habitue progressivement le corps à l'allergène, pendant plusieurs années. Elle peut réduire durablement l'allergie, mais elle est peu disponible.

5. Soigner l'asthme s'il est associé.

Le choix des médicaments et des doses revient au soignant. Éviter les injections de cortisone « retard » répétées à chaque saison : elles ont des effets indésirables importants sur tout le corps.

9Prévention

Réduire la poussière et les acariens :

  • nettoyer avec un chiffon humide et une serpillière plutôt que balayer à sec, de préférence quand la personne allergique n'est pas dans la pièce ;
  • laver draps, taies d'oreiller et couvertures chaque semaine, à l'eau chaude si possible, et les sécher au soleil ;
  • exposer les matelas, oreillers et nattes au soleil ;
  • limiter les tapis, rideaux épais et peluches dans la chambre ;
  • aérer la maison chaque jour.

Lutter contre les cafards : ranger la nourriture dans des boîtes fermées, vider les poubelles, boucher les trous.

Éviter les irritants : pas de fumée dans la maison, pas d'encens ni d'insecticides en spray près de la personne allergique.

Pendant l'harmattan et les vents de poussière : porter un masque ou un foulard sur le nez et la bouche, fermer les fenêtres, laver le nez le soir.

Animaux : si l'on est allergique, éviter que l'animal entre dans la chambre.

Pollens : pendant la saison, se laver le visage et les cheveux en rentrant, fermer les fenêtres quand il y a du vent.

10Complications

  • Asthme : beaucoup de personnes avec une rhinite allergique ont aussi un asthme, ou en développent un.
  • Sinusites et otites à répétition, en particulier l'otite séromuqueuse chez l'enfant.
  • Troubles du sommeil, ronflements, fatigue dans la journée.
  • Difficultés scolaires et au travail.
  • Conjonctivite allergique.
  • Polypes du nez.
  • Chez l'enfant qui respire tout le temps par la bouche : déformation des dents et de la mâchoire.

11Idées reçues

  • « Ce n'est qu'un rhume qui revient. » Faux. Des éternuements et un nez qui coule qui reviennent à chaque saison ou toute l'année font penser à une allergie, qui se soigne.
  • « La rhinite allergique est contagieuse. » Faux. On ne peut pas l'attraper au contact d'une personne allergique.
  • « Les sprays à la cortisone sont dangereux. » Faux. Aux doses utilisées dans le nez, ils sont sûrs, même chez l'enfant, et très efficaces.
  • « Une injection de cortisone à chaque saison règle le problème. » Faux. Ces injections répétées ont des effets indésirables importants (os, sucre, poids). Les traitements par le nez et les comprimés sont plus sûrs.
  • « Il faut un antibiotique. » Faux. L'allergie n'est pas une infection. Les antibiotiques ne servent à rien.
  • « Priser du tabac ou mettre du piment dans le nez soulage. » Faux. Ces produits irritent le nez et aggravent les signes.
  • « L'allergie vient forcément de ce qu'on mange. » Faux. La rhinite allergique vient surtout de ce qu'on respire : poussière, acariens, pollens, cafards, poils d'animaux.

Cette fiche informe, elle ne remplace pas une consultation. En cas de doute, rendez-vous au centre de santé le plus proche.