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Appendicite

✓ Fiche écrite et relue par un professionnel de santé

1Définition

L'appendicite est une inflammation et une infection de l'appendice, un petit tube fermé, long comme un doigt, attaché au début du gros intestin, en bas et à droite du ventre.

Quand l'appendice se bouche, les bactéries s'y multiplient. Il gonfle, s'infecte, et peut éclater (perforation) en 24 à 72 heures. Le pus se répand alors dans le ventre : c'est la péritonite, une complication grave qui peut être mortelle.

L'appendicite est l'urgence chirurgicale du ventre la plus fréquente. Elle peut toucher tout le monde, mais surtout les enfants, les adolescents et les jeunes adultes (10 à 30 ans).

Le traitement habituel est une opération (appendicectomie), simple quand elle est faite tôt. Plus on attend, plus le risque de complications augmente.

2Causes et transmission

L'appendicite n'est pas contagieuse.

Ce qui bouche l'appendice :

  • un petit morceau de selles durcies (stercolithe) ;
  • le gonflement des petits ganglions de la paroi de l'appendice, souvent après une infection (rhume, gastro-entérite) ;
  • plus rarement, des vers intestinaux ou un corps étranger ;
  • parfois, aucune cause n'est trouvée.

L'appendicite n'est pas causée par le fait d'avaler des graines, des pépins ou des noyaux, sauf de façon tout à fait exceptionnelle.

3Qui est à risque ?

  • Les enfants à partir de 5 ans, les adolescents et les jeunes adultes.
  • Les jeunes enfants de moins de 5 ans et les personnes âgées ont moins souvent une appendicite, mais quand elle survient, elle est plus souvent compliquée, car les signes sont trompeurs.
  • Les femmes enceintes : les signes sont moins typiques et la douleur peut être plus haute.

4Signes

Les signes typiques :

  • douleur du ventre qui commence souvent autour du nombril, puis descend en bas à droite en quelques heures ;
  • douleur continue, qui augmente avec le temps ;
  • douleur aggravée quand on marche, qu'on tousse, qu'on saute ou qu'on bouge dans un véhicule ;
  • perte d'appétit ;
  • nausées et vomissements ;
  • fièvre modérée ;
  • parfois constipation ou diarrhée ;
  • l'enfant marche courbé ou en boitant, garde la jambe droite repliée.

Signes de complication (perforation, péritonite) :

  • douleur qui s'étend à tout le ventre ;
  • ventre dur comme du bois ;
  • fièvre élevée, frissons ;
  • vomissements répétés ;
  • ventre gonflé, plus de gaz ni de selles ;
  • pâleur, cœur qui bat vite, grande faiblesse.

Attention : chez le jeune enfant, la personne âgée et la femme enceinte, les signes peuvent être trompeurs (douleur mal placée, peu de fièvre).

Une douleur qui se calme brutalement après plusieurs heures de forte douleur n'est pas forcément une guérison : ce peut être l'appendice qui vient d'éclater.

5Quand consulter en urgence

Allez au centre de santé immédiatement si :
  • Douleur du ventre qui dure plus de quelques heures et s'aggrave
  • Douleur en bas à droite du ventre, surtout avec vomissements ou fièvre
  • Douleur qui augmente en marchant, en toussant ou dans un véhicule qui secoue
  • Ventre dur, douleur dans tout le ventre, forte fièvre
  • Enfant qui a mal au ventre, vomit et ne veut plus marcher ou se tient courbé
  • Femme jeune avec douleur du bas du ventre, surtout en cas de retard des règles
  • Ventre gonflé sans gaz ni selles, vomissements répétés

En attendant d'être examiné : ne rien manger, ne pas prendre de laxatif ni de purge, ne pas faire de lavement, ne pas faire masser le ventre.

6Examens et analyses

  • Examen du ventre par le soignant : il recherche une douleur précise en bas à droite et une contracture (le ventre se durcit quand on appuie).
  • Toucher rectal ou examen gynécologique chez la femme, selon les cas.
  • Prise de sang : numération (globules blancs augmentés), CRP.
  • Bandelette urinaire : pour écarter une infection urinaire ou un calcul.
  • Test de grossesse chez toute femme en âge d'avoir des enfants : pour écarter une grossesse extra-utérine.
  • TDR du paludisme en cas de fièvre.
  • Échographie du ventre : très utile chez l'enfant et la femme jeune.
  • Scanner du ventre dans certains cas, à l'hôpital.

7Diagnostic

Le diagnostic repose surtout sur l'examen clinique : douleur en bas à droite, contracture, fièvre, vomissements, souvent aidé par la prise de sang et l'échographie.

Il faut faire la différence avec de nombreuses autres causes de douleur du ventre :

  • gastro-entérite ;
  • infection urinaire, calcul du rein ;
  • chez la femme : grossesse extra-utérine (urgence), kyste ou torsion de l'ovaire, infection des trompes (salpingite) ;
  • chez l'enfant : ganglions inflammés du ventre, pneumonie de la base du poumon, vers intestinaux ;
  • fièvre typhoïde, qui peut aussi perforer l'intestin ;
  • constipation ;
  • hernie étranglée ;
  • ulcère perforé, pancréatite, calculs de la vésicule.

8Traitement

1. L'opération (appendicectomie) : c'est le traitement habituel.

  • le chirurgien enlève l'appendice malade ;
  • l'opération se fait sous anesthésie générale ;
  • par une petite incision en bas à droite du ventre, ou par cœlioscopie (petits trous et caméra) dans les centres équipés ;
  • antibiotiques autour de l'opération ;
  • l'hospitalisation dure en général 2 à 4 jours pour une appendicite simple ;
  • le retour à l'école ou au travail se fait en général en 1 à 3 semaines ;
  • on peut vivre tout à fait normalement sans appendice.

2. En cas de péritonite : opération en urgence, lavage du ventre, antibiotiques par perfusion pendant plusieurs jours, hospitalisation plus longue.

3. En cas d'abcès ou de masse inflammatoire (plastron) : parfois drainage du pus et antibiotiques, puis opération quelques semaines plus tard.

4. Antibiotiques seuls : dans certains pays, des appendicites simples sont traitées par antibiotiques sans opération, dans des conditions très surveillées. Ce n'est pas le traitement habituel, et l'appendicite peut revenir.

En attendant le chirurgien :

  • rester à jeun (ne rien manger ni boire) ;
  • perfusion et médicaments contre la douleur donnés par le soignant.

Le choix du traitement et des médicaments revient au soignant. Ne pas donner de purge, de laxatif, de lavement, ni faire masser le ventre : cela peut faire éclater l'appendice. Ne pas prendre de médicaments contre la douleur à la maison pour « attendre » : ils masquent les signes et retardent l'opération.

9Prévention

On ne peut pas vraiment prévenir l'appendicite. Le plus important est de consulter tôt devant une douleur du ventre qui dure et s'aggrave, pour être opéré avant les complications.

Une alimentation riche en fibres (légumes, fruits, céréales complètes) pourrait réduire un peu le risque, mais cela n'est pas prouvé avec certitude.

10Complications

  • Perforation de l'appendice.
  • Péritonite : infection de tout le ventre, très grave.
  • Abcès dans le ventre.
  • Infection du sang (septicémie), état de choc.
  • Occlusion intestinale, parfois des mois ou des années plus tard, à cause des adhérences.
  • Chez la femme, difficultés à avoir des enfants après une péritonite (trompes abîmées).
  • Infection de la cicatrice après l'opération.
  • Décès, surtout quand l'opération est faite trop tard.

11Idées reçues

  • « L'appendicite vient des graines, des pépins ou des arachides avalés. » Faux. L'appendicite est presque toujours due à un bouchon de selles ou à un gonflement de l'appendice.
  • « Un massage du ventre ou une purge peut soigner l'appendicite. » Faux et dangereux. Cela peut faire éclater l'appendice et provoquer une péritonite.
  • « La douleur s'est calmée, c'est guéri. » Pas forcément. Une douleur qui se calme brutalement peut signifier que l'appendice a éclaté. Il faut consulter.
  • « L'opération de l'appendicite est très dangereuse. » Faux. Faite tôt, c'est une opération simple. Ce qui est dangereux, c'est d'attendre la péritonite.
  • « Un antibiotique pris à la maison suffit. » Faux. L'antibiotique peut masquer les signes un moment, mais l'appendice reste malade et peut éclater.
  • « L'appendicite est due à un sort. » Faux. C'est une maladie fréquente qui peut toucher tout le monde.
  • « Sans appendice, on ne peut pas vivre normalement. » Faux. On vit parfaitement bien après l'ablation de l'appendice.

Cette fiche informe, elle ne remplace pas une consultation. En cas de doute, rendez-vous au centre de santé le plus proche.