1Définition
La vaccination consiste à donner à l'enfant un vaccin (par piqûre ou par gouttes dans la bouche) qui apprend à son corps à se défendre contre une maladie, avant qu'il ne la rencontre.
Le vaccin contient un microbe tué, affaibli, ou seulement une partie du microbe. Il ne rend pas malade, mais il entraîne les défenses du corps. Si l'enfant rencontre plus tard le vrai microbe, son corps le reconnaît et le combat rapidement.
Au Mali, les vaccins de l'enfant sont donnés gratuitement dans les centres de santé, dans le cadre du Programme élargi de vaccination (PEV).
La vaccination est l'une des mesures de santé qui sauvent le plus de vies au monde. Grâce aux vaccins, des maladies autrefois très meurtrières (rougeole, tétanos du nouveau-né, méningite A, polio) sont devenues rares.
Un enfant est bien protégé seulement s'il a reçu toutes les doses, aux bons âges.
2Causes et transmission
Les vaccins du PEV protègent contre des maladies graves et souvent mortelles chez l'enfant :
- la tuberculose (formes graves de l'enfant) : vaccin BCG ;
- la poliomyélite (paralysie) : vaccin polio en gouttes et en injection ;
- la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l'hépatite B et les infections à Haemophilus influenzae type b (méningite, pneumonie) : vaccin Pentavalent ;
- les infections à pneumocoque (pneumonie, méningite, otite) : vaccin antipneumococcique ;
- les diarrhées à rotavirus : vaccin antirotavirus ;
- la rougeole et la rubéole : vaccin RR ;
- la fièvre jaune : vaccin antiamaril ;
- la méningite à méningocoque : vaccin antiméningococcique ;
- le paludisme : vaccin antipaludique, introduit progressivement dans plusieurs pays d'Afrique ;
- le cancer du col de l'utérus (papillomavirus) : vaccin HPV pour les jeunes filles.
Ces maladies se transmettent par la toux et les gouttelettes (rougeole, coqueluche, diphtérie, méningite, tuberculose), par les mains et les selles (polio, rotavirus), par le sang et de la mère à l'enfant (hépatite B), par les moustiques (fièvre jaune, paludisme), par les plaies souillées (tétanos).
3Qui est à risque ?
- Les enfants non vaccinés ou dont la vaccination est incomplète.
- Les enfants qui manquent des rendez-vous ou ne reçoivent pas la deuxième dose de rougeole.
- Les enfants malnutris, chez qui ces maladies sont plus graves.
- Les enfants qui vivent dans des zones éloignées des centres de santé, dans des zones d'insécurité ou de déplacement.
- Les enfants dont les parents ont perdu le carnet de vaccination.
4Signes
Après un vaccin, des réactions légères sont normales et passent en 1 à 3 jours :
- douleur, rougeur ou petit gonflement à l'endroit de la piqûre ;
- petite fièvre ;
- bébé grognon, qui pleure plus que d'habitude, mange un peu moins, dort plus ;
- après le vaccin contre la rougeole : parfois une petite fièvre ou quelques boutons une à deux semaines après.
Le BCG (épaule ou avant-bras) évolue normalement ainsi :
- 2 à 6 semaines après : un petit bouton apparaît ;
- il peut suinter un peu ou former une petite plaie ;
- il guérit seul en quelques semaines et laisse une petite cicatrice. Cette cicatrice montre que le vaccin a été donné. Il ne faut rien mettre dessus.
5Quand consulter en urgence
Les réactions graves sont très rares. Consultez immédiatement si, après un vaccin :
- l'enfant a du mal à respirer, son visage ou ses lèvres gonflent, ou il a des plaques sur tout le corps (dans les minutes ou heures qui suivent)
- il fait des convulsions
- il a une fièvre très élevée ou qui dure plus de 2 jours
- il pleure sans arrêt pendant plus de 3 heures, ou est très endormi et mou
- l'endroit de la piqûre devient très gonflé, chaud, rouge, avec du pus
- un gros ganglion apparaît sous le bras après le BCG, ou la plaie du BCG ne guérit pas après plusieurs mois
6Examens et analyses
- Aucun examen n'est nécessaire avant de vacciner un enfant.
- Le soignant vérifie le carnet de vaccination à chaque visite (vaccination, consultation pour maladie, pesée) pour rattraper les doses manquées.
- Il pose quelques questions : réaction grave à un vaccin précédent, maladie grave en cours.
- Un rhume, une petite fièvre ou une diarrhée légère ne sont pas des raisons pour retarder un vaccin.
7Diagnostic
Le soignant évalue le statut vaccinal de l'enfant :
- à jour : toutes les doses prévues pour son âge ont été reçues ;
- incomplet : certaines doses manquent et doivent être rattrapées ;
- non vacciné : il faut commencer la vaccination, quel que soit l'âge.
Il n'y a que très peu de vraies contre-indications : une réaction allergique grave à une dose précédente du même vaccin, ou certaines maladies graves qui affaiblissent beaucoup les défenses (pour quelques vaccins seulement). Les enfants vivant avec le VIH reçoivent la plupart des vaccins, selon l'avis du soignant.
8Traitement
Calendrier vaccinal indicatif de l'enfant au Mali (suivez toujours les dates inscrites sur le carnet par l'agent de santé) :
- À la naissance : BCG, polio oral (dose 0), et selon les centres, hépatite B.
- 6 semaines : Pentavalent 1, polio oral 1, pneumocoque 1, rotavirus 1.
- 10 semaines : Pentavalent 2, polio oral 2, pneumocoque 2, rotavirus 2.
- 14 semaines : Pentavalent 3, polio oral 3, pneumocoque 3, polio injectable.
- 9 mois : rougeole-rubéole (RR1), fièvre jaune, méningite, polio injectable (2e dose).
- 15 mois : rougeole-rubéole (RR2).
- Jeunes filles de 9 à 14 ans : vaccin contre le HPV, là où il est disponible.
- Vaccin contre le paludisme : selon les zones et le calendrier du programme.
En cas de petite réaction après le vaccin :
- allaiter ou faire boire souvent ;
- linge frais sur l'endroit de la piqûre ;
- paracétamol si l'enfant a de la fièvre ou mal, à la dose adaptée au poids indiquée par le soignant ;
- ne pas masser ni chauffer l'endroit de la piqûre, ne rien appliquer sur le BCG.
En cas de dose oubliée :
- retourner au centre de santé dès que possible ;
- on ne recommence pas tout : on continue là où l'enfant s'est arrêté.
Le choix des vaccins et des dates revient au soignant, selon le calendrier national en vigueur.
9Prévention
- Faire vacciner l'enfant dès la naissance, et respecter tous les rendez-vous.
- Garder précieusement le carnet de vaccination et l'apporter à chaque visite au centre de santé.
- Ne pas manquer la 2e dose de rougeole (RR2) à 15 mois.
- Participer aux campagnes de vaccination (polio, rougeole, méningite…), même si l'enfant est déjà vacciné : une dose de plus est sans danger et renforce la protection.
- Faire vacciner les femmes contre le tétanos (Td) pour protéger les bébés à la naissance.
- Rattraper les vaccins manqués à tout âge.
- Parler des vaccins avec l'agent de santé en cas de doute, plutôt que de croire les rumeurs.
10Complications
Les complications de la non-vaccination sont les maladies elles-mêmes :
- rougeole : pneumonie, cécité, malnutrition, décès ;
- coqueluche : quintes de toux étouffantes, décès du nourrisson ;
- diphtérie : étouffement ;
- tétanos : décès, surtout du nouveau-né ;
- polio : paralysie définitive ;
- méningite : décès, surdité, retard mental ;
- tuberculose grave de l'enfant ;
- hépatite B : cirrhose et cancer du foie à l'âge adulte ;
- pneumonies et diarrhées graves.
Les complications graves des vaccins sont très rares et beaucoup moins fréquentes que celles des maladies qu'ils évitent.
11Idées reçues
- « Les vaccins rendent stérile. » Faux. Aucun vaccin ne rend stérile. Cette rumeur circule depuis longtemps sans aucune preuve. Les vaccins protègent la santé des enfants et des futures mères.
- « Les vaccins donnent la maladie. » Faux. Les vaccins ne donnent pas la maladie. Une petite fièvre après le vaccin montre seulement que le corps fabrique ses défenses.
- « Trop de vaccins affaiblissent le corps de l'enfant. » Faux. Le corps de l'enfant rencontre chaque jour des milliers de microbes. Les vaccins sont sans danger, même donnés le même jour.
- « Un enfant enrhumé ou qui a un peu de fièvre ne peut pas être vacciné. » Faux. Une petite maladie n'empêche pas la vaccination. Seule une maladie grave peut la faire reporter.
- « Il vaut mieux attraper la rougeole naturellement. » Faux et dangereux. La rougeole tue et rend aveugle des enfants chaque année. Le vaccin protège sans ce danger.
- « Mon enfant a déjà été vacciné, il ne faut pas le vacciner pendant la campagne. » Faux. La dose de la campagne est sans danger et renforce la protection.
- « J'ai perdu le carnet, il faut tout recommencer. » Faux. Le soignant vérifie ce qui peut l'être et rattrape les doses nécessaires, sans danger.
Cette fiche informe, elle ne remplace pas une consultation. En cas de doute, rendez-vous au centre de santé le plus proche.