1Définition
Le fibrome utérin (ou myome) est une boule qui se forme dans le muscle de l'utérus. C'est une tumeur bénigne : ce n'est pas un cancer, et il devient très rarement un cancer.
Les fibromes sont très fréquents : une grande partie des femmes en ont avant 50 ans, souvent sans le savoir. Ils sont plus fréquents, apparaissent plus tôt et sont souvent plus gros et plus nombreux chez les femmes africaines.
Un fibrome peut être :
- petit comme un grain de maïs ou gros comme un melon ;
- unique ou multiple ;
- situé à l'extérieur de l'utérus, dans le muscle, ou à l'intérieur de la cavité de l'utérus (fibrome sous-muqueux, celui qui saigne le plus et gêne le plus la grossesse).
Beaucoup de fibromes ne donnent aucun signe et ne nécessitent aucun traitement. D'autres provoquent des règles très abondantes, une anémie, des douleurs, ou des difficultés à avoir un enfant. Ils se soignent par des médicaments ou une opération.
Les fibromes grossissent sous l'effet des hormones féminines et diminuent en général après la ménopause.
2Causes et transmission
Le fibrome n'est pas contagieux et ne se transmet pas par les rapports sexuels.
Sa cause exacte n'est pas connue. On sait que :
- il dépend des hormones féminines (œstrogènes, progestérone) ;
- il existe une tendance familiale : il est plus fréquent si la mère ou une sœur en a eu ;
- il est plus fréquent chez les femmes d'origine africaine.
Ce qui augmente le risque :
- l'âge (30 à 50 ans) ;
- des règles apparues tôt ;
- l'absence de grossesse ;
- le surpoids ;
- l'hypertension ;
- peut-être le manque de vitamine D.
3Qui est à risque ?
- Les femmes de 30 à 50 ans.
- Les femmes africaines.
- Les femmes dont la mère ou une sœur a eu des fibromes.
- Les femmes qui n'ont pas eu d'enfant.
- Les femmes en surpoids.
4Signes
Beaucoup de fibromes ne donnent aucun signe et sont découverts par hasard lors d'une échographie.
Quand il y a des signes :
- règles très abondantes, avec des caillots, qui obligent à changer de serviette très souvent ;
- règles longues (plus de 7 jours) ;
- saignements entre les règles ;
- fatigue, pâleur, essoufflement, vertiges (anémie) ;
- ventre qui grossit, boule que l'on sent dans le bas-ventre ;
- sensation de lourdeur, de pesanteur dans le bas-ventre ;
- douleurs du bas-ventre ou du dos, règles douloureuses ;
- envies fréquentes d'uriner (le fibrome appuie sur la vessie) ;
- constipation (il appuie sur l'intestin) ;
- douleur pendant les rapports ;
- difficulté à tomber enceinte, fausses couches répétées.
5Quand consulter en urgence
- Saignement très abondant (serviette trempée en moins d'une heure, plusieurs heures de suite)
- Vertiges, malaise, essoufflement, grande pâleur
- Douleur forte et brutale du bas-ventre
- Douleur du bas-ventre avec fièvre
- Douleur ou saignement pendant la grossesse chez une femme qui a un fibrome
- Impossibilité d'uriner
- Saignement après la ménopause
- Boule du ventre qui grossit très vite
6Examens et analyses
- Examen gynécologique : le soignant peut sentir un utérus gros et irrégulier.
- Échographie du bas-ventre (par le ventre ou par le vagin) : c'est l'examen principal. Elle montre le nombre, la taille et la position des fibromes.
- Numération sanguine : recherche d'une anémie ; ferritine (réserves de fer).
- Test de grossesse si nécessaire.
- Hystéroscopie : petite caméra introduite dans l'utérus par le vagin, pour voir les fibromes de l'intérieur.
- IRM dans certains cas, avant une opération.
- Dépistage du cancer du col et, après 45 ans en cas de saignements, prélèvement de l'intérieur de l'utérus pour écarter un cancer.
7Diagnostic
Le diagnostic repose sur l'échographie, qui confirme la présence des fibromes et précise leur nombre, leur taille et leur position.
Le soignant évalue ensuite :
- la gêne (saignements, douleurs, compression) ;
- l'anémie ;
- le désir de grossesse de la femme ;
- l'âge et la proximité de la ménopause.
Il faut faire la différence avec :
- une grossesse ;
- un kyste de l'ovaire ;
- l'adénomyose (autre maladie du muscle de l'utérus) ;
- un polype de l'utérus ;
- un cancer de l'utérus ou du col (surtout après la ménopause).
8Traitement
Le traitement dépend des signes, de la taille et de la position des fibromes, de l'âge et du désir d'enfant.
1. Surveillance : un fibrome sans signe n'a souvent pas besoin de traitement. Une échographie de contrôle peut être faite.
2. Traiter l'anémie : fer en comprimés, parfois en perfusion, et transfusion si l'anémie est grave.
3. Médicaments pour réduire les saignements et les douleurs :
- acide tranexamique pendant les règles ;
- anti-inflammatoires (ibuprofène, acide méfénamique) pendant les règles ;
- traitements hormonaux : pilule, progestatifs, stérilet hormonal (au lévonorgestrel) ;
- d'autres médicaments hormonaux peuvent réduire le volume des fibromes pendant quelques mois, souvent avant une opération.
Ces médicaments ne font pas disparaître les fibromes.
4. La chirurgie :
- myomectomie : le chirurgien enlève les fibromes et garde l'utérus. C'est l'opération choisie pour les femmes qui veulent encore avoir des enfants. Elle peut se faire par le ventre, par cœlioscopie, ou par le vagin avec une caméra pour les fibromes à l'intérieur de l'utérus. Les fibromes peuvent revenir ;
- hystérectomie : ablation de l'utérus. C'est le seul traitement définitif. Elle est proposée aux femmes qui ne désirent plus d'enfant. Après cette opération, il n'y a plus de règles ni de grossesse possible, mais la femme garde ses ovaires (le plus souvent) et sa vie sexuelle.
5. Embolisation : boucher les artères qui nourrissent le fibrome par un geste radiologique, dans quelques centres spécialisés.
Le choix des traitements et des doses revient au soignant. Aucune plante, aucune tisane ne fait fondre un fibrome. Méfiez-vous des produits « miracles » vendus sur les marchés ou sur internet.
9Prévention
On ne connaît pas de moyen sûr d'éviter les fibromes. Mais on peut :
- consulter tôt en cas de règles très abondantes, de douleurs ou de ventre qui grossit ;
- traiter l'anémie à temps ;
- garder un poids normal et bouger ;
- faire une échographie en cas de difficulté à tomber enceinte.
10Complications
- Anémie grave due aux saignements, parfois nécessitant une transfusion.
- Difficulté à avoir un enfant, fausses couches (surtout avec les fibromes à l'intérieur de l'utérus).
- Pendant la grossesse : douleurs (le fibrome peut s'abîmer), accouchement prématuré, mauvaise position du bébé, césarienne, hémorragie après l'accouchement.
- Compression de la vessie, des uretères (reins dilatés) ou de l'intestin.
- Torsion d'un fibrome sur son pied : douleur brutale.
- Gêne importante dans la vie quotidienne, le travail et la vie de couple.
- Transformation en cancer : très rare.
11Idées reçues
- « Le fibrome est un cancer. » Faux. C'est une tumeur bénigne, qui devient très rarement un cancer.
- « Le fibrome vient des rapports sexuels, d'un avortement ou d'un sort. » Faux. Il dépend des hormones et de l'hérédité. Il ne vient ni des rapports, ni d'un sort.
- « Une femme qui a un fibrome ne peut pas avoir d'enfant. » Faux. Beaucoup de femmes avec des fibromes ont des enfants. Certains fibromes gênent la grossesse et peuvent être enlevés.
- « Tous les fibromes doivent être opérés. » Faux. Un fibrome sans signe peut simplement être surveillé.
- « Les plantes ou les tisanes font fondre le fibrome. » Faux. Aucun produit naturel ne fait disparaître un fibrome. Ces produits font perdre du temps et de l'argent.
- « Après l'ablation de l'utérus, on n'est plus une femme, on grossit, on n'a plus de désir. » Faux. La femme garde le plus souvent ses ovaires et ses hormones, et peut avoir une vie sexuelle normale.
- « Une grossesse va faire disparaître le fibrome. » Faux. La grossesse ne fait pas disparaître le fibrome. Il peut même grossir pendant la grossesse.
Cette fiche informe, elle ne remplace pas une consultation. En cas de doute, rendez-vous au centre de santé le plus proche.