1Définition
Le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) est un virus qui attaque les défenses du corps (le système immunitaire), en particulier les globules blancs appelés CD4.
Sans traitement, le corps s'affaiblit peu à peu pendant plusieurs années. On parle de sida quand les défenses sont très basses et que des maladies graves apparaissent (tuberculose, infections du cerveau, diarrhées chroniques…).
Aujourd'hui, le VIH ne se guérit pas, mais il se contrôle très bien. Une personne qui prend son traitement chaque jour peut vivre aussi longtemps qu'une autre, travailler, se marier et avoir des enfants séronégatifs. Au Mali, le dépistage et les médicaments antirétroviraux sont gratuits.
2Causes et transmission
Le virus se trouve dans le sang, le sperme, les sécrétions vaginales et le lait maternel. Il se transmet :
- par les rapports sexuels non protégés (vaginaux ou anaux), c'est la voie la plus fréquente ;
- de la mère à l'enfant pendant la grossesse, l'accouchement ou l'allaitement, si la mère n'est pas traitée ;
- par le sang : transfusion non contrôlée, partage de lames, rasoirs, aiguilles, seringues, objets d'excision, de scarification ou de tatouage non stérilisés.
Le VIH ne se transmet pas :
- par les moustiques ;
- en serrant la main, en s'embrassant sur la joue, en partageant le repas, la tasse ou les toilettes ;
- par la toux ou la sueur.
Une personne sous traitement dont la charge virale est indétectable ne transmet plus le virus par voie sexuelle.
3Qui est à risque ?
Tout le monde peut être infecté. Le risque est plus élevé pour :
- les personnes qui ont plusieurs partenaires sexuels ou un partenaire infecté, sans préservatif ;
- les personnes qui ont une autre infection sexuellement transmissible (plaie, écoulement) ;
- les enfants nés de mères non dépistées ou non traitées ;
- les jeunes femmes et les couples où un seul partenaire connaît son statut ;
- les travailleurs du sexe et leurs clients, les routiers, les orpailleurs, les migrants ;
- les personnes qui partagent des seringues ;
- les soignants exposés au sang (piqûre accidentelle).
4Signes
Au début (2 à 6 semaines après la contamination), certaines personnes ont des signes qui ressemblent à une grippe ou un paludisme : fièvre, fatigue, maux de gorge, ganglions, boutons sur la peau. Ces signes disparaissent seuls.
Ensuite, pendant plusieurs années, la personne peut ne rien sentir. Elle est pourtant infectée et peut transmettre le virus. Seul le test permet de savoir.
Plus tard, quand les défenses baissent :
- amaigrissement important ;
- fièvre qui dure plus d'un mois ;
- diarrhée qui dure plus d'un mois ;
- toux qui traîne, tuberculose ;
- dépôts blancs dans la bouche (muguet) ;
- zona, boutons qui grattent sur la peau (prurigo), herpès qui revient ;
- ganglions gonflés à plusieurs endroits ;
- infections qui reviennent souvent.
Chez l'enfant : il ne grandit pas bien, ne prend pas de poids, fait des infections et des diarrhées répétées, a un muguet qui revient.
5Quand consulter en urgence
- Difficulté à respirer ou essoufflement qui s'aggrave
- Maux de tête violents, raideur de la nuque, convulsions ou confusion
- Faiblesse ou paralysie d'un côté du corps
- Diarrhée importante avec vomissements et grande faiblesse
- Toux avec crachats de sang ou forte fièvre
- Rapport sexuel à risque, viol ou piqûre avec une aiguille souillée : aller au centre de santé dans les 72 heures, le plus tôt possible
- Yeux jaunes, boutons sur tout le corps ou fièvre forte après le début des antirétroviraux
6Examens et analyses
- Le test de dépistage du VIH : test rapide sur une goutte de sang, résultat en 15 à 20 minutes. Un test positif est toujours confirmé par un deuxième test différent.
- Chez le bébé né d'une mère séropositive : test spécial (PCR) dès 6 semaines, car le test rapide ne marche pas avant 18 mois.
- La charge virale : quantité de virus dans le sang. C'est l'examen qui montre si le traitement marche.
- Les CD4 : niveau des défenses du corps.
- La recherche de la tuberculose (toux, crachats, GeneXpert, TB-LAM urinaire).
- Le test de la cryptococcose (CrAg) quand les CD4 sont bas.
- Dépistage de l'hépatite B, de la syphilis, du cancer du col chez la femme.
- Bilan avant et pendant le traitement : prise de sang (rein, foie, glycémie, numération).
7Diagnostic
Le diagnostic repose uniquement sur le test, jamais sur l'aspect de la personne. Un malade maigre n'a pas forcément le VIH, et une personne en bonne santé peut l'avoir.
Le test est conseillé à toute personne au moins une fois, et à refaire après une prise de risque. Il est proposé systématiquement :
- à toute femme enceinte à la CPN, et à son partenaire ;
- à tout malade de tuberculose ;
- devant une IST, une malnutrition, un zona, un muguet ou des infections répétées.
Le dépistage est confidentiel : le résultat n'est donné qu'à la personne testée.
8Traitement
Le traitement repose sur les antirétroviraux (ARV), pris chaque jour, toute la vie.
- Le traitement est commencé le plus tôt possible, dès que le test est confirmé, quel que soit le taux de CD4.
- Le traitement le plus utilisé chez l'adulte associe trois médicaments dans un seul comprimé : ténofovir, lamivudine et dolutégravir. Il existe d'autres associations et des formes adaptées aux enfants.
- Prendre les comprimés chaque jour, à la même heure, sans jamais arrêter. Arrêter le traitement fait remonter le virus et le rend résistant aux médicaments.
- Contrôler la charge virale régulièrement : quand elle est indétectable, le traitement marche et la personne ne transmet plus le virus par voie sexuelle.
- Prévenir et traiter les infections : cotrimoxazole, traitement préventif de la tuberculose (isoniazide), traitement de la tuberculose ou de la cryptococcose si elles sont présentes.
- Femme enceinte séropositive : traitement ARV pendant la grossesse et l'allaitement, et traitement préventif du bébé à la naissance (névirapine, parfois avec zidovudine).
- Bien manger, ne pas boire d'alcool en excès, ne pas fumer.
Le choix des médicaments est fait par le soignant. Ne jamais remplacer les ARV par des « médicaments qui guérissent le sida » vendus au marché ou à la radio : ils n'existent pas.
9Prévention
- Le préservatif (masculin ou féminin), à chaque rapport, du début à la fin.
- La fidélité entre deux partenaires qui ont fait le test ensemble.
- Le dépistage : connaître son statut et celui de son partenaire, surtout avant le mariage et pendant la grossesse.
- La PrEP : comprimé pris par une personne séronégative très exposée pour éviter d'être infectée (ténofovir avec emtricitabine ou lamivudine), sur prescription.
- Le traitement après exposition (PEP) : après un viol, un rapport à risque ou une piqûre accidentelle, des ARV pris dans les 72 heures (le plus tôt possible) et pendant 28 jours peuvent empêcher l'infection.
- La prévention de la transmission de la mère à l'enfant : CPN, test, traitement ARV de la mère, accouchement au centre de santé, suivi du bébé.
- Ne jamais partager lames, rasoirs, aiguilles. Exiger du matériel stérile.
- Transfusion uniquement avec du sang contrôlé.
- Traiter les personnes séropositives : un traitement efficace empêche la transmission.
10Complications
Sans traitement, ou si le traitement est mal pris :
- tuberculose, première cause de décès des personnes vivant avec le VIH ;
- infections du cerveau : cryptococcose, toxoplasmose ;
- pneumonies graves ;
- diarrhées chroniques et amaigrissement extrême ;
- cancers : cancer du col de l'utérus, sarcome de Kaposi (taches violettes sur la peau ou dans la bouche), lymphomes ;
- résistance du virus aux médicaments ;
- transmission au partenaire et à l'enfant ;
- décès.
Avec un traitement bien suivi, la plupart de ces complications peuvent être évitées.
11Idées reçues
- « Le VIH se voit sur le visage ou sur le corps. » Faux. Une personne peut paraître en parfaite santé pendant des années. Seul le test permet de savoir.
- « Les moustiques transmettent le VIH. » Faux. Le moustique transmet le paludisme, pas le VIH.
- « Un tradipraticien ou une prière peut guérir le sida. » Faux. Aucun produit ne guérit le VIH. Arrêter les ARV pour un « remède » est la première cause de décès évitable.
- « Une femme séropositive ne peut pas avoir d'enfant en bonne santé. » Faux. Avec le traitement et le suivi, presque tous les bébés naissent sans le VIH.
- « Ma charge virale est indétectable, je suis guéri, j'arrête. » Faux. Le virus est caché dans le corps. Il revient dès qu'on arrête les médicaments.
- « Les ARV tuent ou rendent plus malade. » Faux. Les ARV actuels sont bien supportés. Ce sont eux qui permettent de vivre longtemps.
- « Il ne faut pas manger avec une personne séropositive. » Faux. Partager le repas, la maison ou les toilettes ne transmet pas le VIH.
Cette fiche informe, elle ne remplace pas une consultation. En cas de doute, rendez-vous au centre de santé le plus proche.