1Définition
Le zona est une maladie due au virus de la varicelle qui se réveille.
Après une varicelle (souvent dans l'enfance), le virus ne quitte jamais le corps : il reste endormi dans un nerf, près de la colonne vertébrale ou dans la tête. Des années plus tard, quand les défenses du corps baissent, il peut se réveiller et descendre le long de ce nerf jusqu'à la peau.
Il provoque alors :
- une douleur qui brûle, souvent avant tout bouton ;
- puis des petites bulles groupées sur une bande de peau, d'un seul côté du corps.
Le zona touche le plus souvent le thorax ou le dos (en ceinture d'un côté), mais aussi le visage, l'œil, le cou, un bras ou une jambe.
Il guérit en général en 2 à 4 semaines. Mais il peut laisser des douleurs qui durent longtemps, surtout chez les personnes âgées, et atteindre l'œil.
En Afrique, un zona chez un jeune adulte doit toujours faire proposer un test du VIH.
2Causes et transmission
La cause : le réveil du virus de la varicelle (virus varicelle-zona), chez une personne qui a déjà eu la varicelle, même sans s'en souvenir.
Ce qui favorise ce réveil :
- l'âge, surtout après 50 ans ;
- le VIH et toutes les maladies qui affaiblissent les défenses ;
- le diabète, le cancer et ses traitements ;
- les corticoïdes pris longtemps ;
- le stress, la fatigue importante, une autre maladie.
Contagion :
- on n'attrape pas le zona au contact d'une personne qui a un zona ;
- mais le liquide des bulles contient le virus et peut donner la varicelle à une personne qui ne l'a jamais eue (enfant, femme enceinte, nouveau-né, personne très affaiblie) ;
- le risque disparaît quand toutes les bulles sont devenues des croûtes.
3Qui est à risque ?
- Les personnes de plus de 50 ans.
- Les personnes vivant avec le VIH, à tout âge.
- Les personnes diabétiques, atteintes d'un cancer, sous chimiothérapie ou sous corticoïdes.
- Les personnes très stressées ou fatiguées.
- Les enfants qui ont eu la varicelle très jeunes peuvent, rarement, faire un zona.
4Signes
Avant les boutons (1 à 5 jours) :
- douleur d'un seul côté, qui brûle, pique, démange, ou donne des décharges électriques ;
- peau sensible au moindre contact (vêtement, drap) ;
- parfois fatigue, petite fièvre, maux de tête.
L'éruption :
- rougeur puis petites bulles remplies de liquide clair, groupées en bouquets ;
- sur une bande de peau, d'un seul côté du corps, sans dépasser le milieu du corps ;
- douleur souvent forte ;
- parfois ganglions.
L'évolution :
- les bulles se troublent, sèchent et forment des croûtes en 7 à 10 jours ;
- les croûtes tombent en 2 à 4 semaines ;
- elles peuvent laisser des taches claires ou foncées, ou des cicatrices.
Zona de l'œil (zona ophtalmique) : bulles sur le front, la paupière, le côté ou le bout du nez, d'un côté ; œil rouge, douloureux, qui pleure, vision troublée.
Zona de l'oreille : bulles dans ou autour de l'oreille, parfois paralysie du visage d'un côté, vertiges, baisse de l'audition.
Chez la personne vivant avec le VIH : zona plus étendu, sur plusieurs zones, plus long, plus douloureux, parfois qui revient.
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5Quand consulter en urgence
- Bulles sur le front, la paupière ou le nez, ou œil rouge et douloureux
- Baisse de la vision
- Bulles près de l'oreille, visage qui se paralyse d'un côté, vertiges
- Zona sur plusieurs zones du corps, ou bulles sur tout le corps
- Forte fièvre, maux de tête violents, confusion, somnolence
- Plaies qui coulent du pus, rougeur qui s'étend
- Zona chez une personne vivant avec le VIH, sous chimiothérapie ou très affaiblie
- Zona chez une femme enceinte, ou contact des bulles avec un nouveau-né
- Douleur insupportable
Consultez dans les 3 jours qui suivent l'apparition des bulles : le traitement antiviral est plus efficace s'il est commencé tôt.
6Examens et analyses
- Le diagnostic se fait le plus souvent à l'examen : l'aspect en bande d'un seul côté est caractéristique.
- Test du VIH : à proposer à toute personne qui a un zona, surtout avant 50 ans.
- Glycémie (diabète).
- Examen des yeux par un ophtalmologiste en cas de zona du visage.
- Prélèvement d'une bulle (recherche du virus) dans les formes inhabituelles.
- Ponction lombaire en cas de signes d'atteinte du cerveau.
7Diagnostic
Le diagnostic repose sur :
- une douleur qui brûle, d'un seul côté ;
- suivie de petites bulles groupées sur une bande de peau ;
- qui ne dépasse pas le milieu du corps.
Avant l'apparition des bulles, la douleur peut être prise pour une maladie du cœur, des poumons, des reins, de la vésicule ou du dos.
Il faut faire la différence avec :
- l'herpès (petites bulles qui reviennent au même endroit, souvent lèvre ou organes génitaux) ;
- la varicelle (bulles sur tout le corps, surtout chez l'enfant) ;
- l'impétigo (croûtes jaunes) ;
- l'eczéma, les piqûres d'insectes, une brûlure ;
- une allergie de contact.
8Traitement
1. Les antiviraux (aciclovir, valaciclovir), en comprimés :
- à commencer le plus tôt possible, idéalement dans les 3 jours après l'apparition des bulles ;
- surtout chez les personnes de plus de 50 ans, en cas de zona de l'œil ou de l'oreille, de zona étendu ou très douloureux, et chez les personnes vivant avec le VIH ou affaiblies ;
- en perfusion à l'hôpital dans les formes graves.
2. Calmer la douleur :
- paracétamol ;
- parfois des antidouleurs plus forts, sur prescription ;
- si la douleur des nerfs est forte ou dure : médicaments spécifiques (amitriptyline, gabapentine, prégabaline), sur prescription.
3. Soigner la peau :
- laver doucement à l'eau et au savon, une fois par jour ;
- bien sécher en tamponnant ;
- appliquer un antiseptique (chlorhexidine) si besoin ;
- ne pas percer les bulles, ne pas arracher les croûtes ;
- couvrir avec des vêtements légers, en coton, propres ;
- couper les ongles et éviter de gratter.
4. Zona de l'œil : examen et traitement par l'ophtalmologiste. Ne jamais mettre de collyre à la cortisone sans avis spécialisé.
5. Traiter le VIH s'il est découvert : traitement antirétroviral, qui rend les zonas plus rares.
Le choix des médicaments et des doses revient au soignant. Ne pas appliquer d'encre, de cendre, de dentifrice, de pétrole, de talc, de pommades non prescrites ou de produits traditionnels : ils irritent la peau et favorisent l'infection.
9Prévention
- Faire le test du VIH, et prendre son traitement antirétroviral si l'on est séropositif.
- Bien équilibrer le diabète.
- Éviter les corticoïdes pris sans prescription.
- Pendant un zona : éviter le contact des bulles avec les femmes enceintes, les nouveau-nés, les enfants qui n'ont pas eu la varicelle et les personnes très affaiblies, jusqu'à ce que tout soit en croûtes ; se laver les mains après avoir touché les lésions.
- Vaccin : un vaccin contre le zona existe pour les personnes de plus de 50 ans dans certains pays, mais il n'est pas disponible en routine au Mali.
10Complications
- Douleurs après le zona (douleurs post-zostériennes) : brûlures ou décharges qui persistent des mois, voire des années, surtout après 50 ans.
- Zona de l'œil : atteinte de la cornée, baisse de la vue, parfois cécité.
- Paralysie du visage, surdité, vertiges (zona de l'oreille).
- Surinfection des plaies par des bactéries.
- Cicatrices et taches sur la peau.
- Zona étendu ou généralisé chez les personnes très affaiblies.
- Atteinte du cerveau ou des méninges, rare.
- Rarement, faiblesse d'un muscle dans la zone touchée.
11Idées reçues
- « Si le zona fait le tour du corps, on meurt. » Faux. Le zona suit un nerf d'un seul côté et ne fait pas le tour du corps. Un zona sur plusieurs zones est plus sérieux et doit faire consulter, mais il se soigne.
- « Il faut entourer le zona avec de l'encre ou écrire dessus pour l'arrêter. » Faux. Cela n'a aucun effet et peut infecter la peau.
- « Le zona est un sort, un serpent ou une punition. » Faux. C'est le virus de la varicelle qui se réveille, souvent quand les défenses baissent.
- « Le zona, c'est forcément le VIH. » Faux. Le zona est fréquent chez les personnes âgées sans VIH. Mais chez un jeune adulte, il faut toujours faire le test.
- « On peut attraper le zona au contact d'un malade. » Faux. On n'attrape pas le zona, mais les bulles peuvent donner la varicelle à quelqu'un qui ne l'a jamais eue.
- « Il ne faut pas laver la peau pendant un zona. » Faux. Un lavage doux à l'eau et au savon évite l'infection.
- « La douleur va partir quand les boutons sècheront. » Pas toujours. Chez certaines personnes, surtout âgées, la douleur dure longtemps. Il faut consulter, car elle se soigne.
Cette fiche informe, elle ne remplace pas une consultation. En cas de doute, rendez-vous au centre de santé le plus proche.